Chine

Chine: le Premier ministre et l'Assemblée nationale populaire parlent croissance

L’Assemblée nationale populaire, silencieuse au moment d'écouter le Premier ministre Li Keqiang, samedi 5 mars 2016 pour l'ouverture de la session annuelle.
L’Assemblée nationale populaire, silencieuse au moment d'écouter le Premier ministre Li Keqiang, samedi 5 mars 2016 pour l'ouverture de la session annuelle. REUTERS/Damir Sagolj

A Pékin s'est ouverte, ce samedi 5 mars 2016, la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire, Parlement purement décoratif, mais aux discours très solennels. A l'occasion de son rapport, le Premier ministre Li Keqiang a admis que la Chine assistait à la fin de son modèle de développement rapide. Le maître-mot, c'est dorénavant la « croissance stable et régulière ».

Publicité

Avec notre correspondante à Pékin,  Heike Schmidt

Li Keqiang s’est voulu prudent. Pour cette année, il prévoit une croissance de 6,5 à 7 %. Un objectif moins ambitieux que les 7 % promis pour 2015, qui n’ont pas pu être atteints. « Cette année, les difficultés seront plus nombreuses et les défis plus redoutables », a admis le chef du gouvernement.

L’exercice consistait surtout à rassembler et à rassurer ses propres troupes. « Aucun obstacle ne pourra empêcher la Chine d'aller de l’avant. Après des années de développement rapide, notre pays vit dans l’abondance. Notre économie a une grande capacité de rebond, un potentiel de développement et une marge de manœuvre immense », a assuré le Premier ministre.

Et d'ajouter : « Nos réformes et notre économie connaissent de continuels regains de dynamisme. Notre macro-contrôle innovant a accumulé une riche expérience. Et n’oublions pas que nous avons pour nous la ferme direction du Parti communiste chinois, le régime socialiste à la chinoise et notre peuple travailleur et intelligent. »

Comment rebondir ? Dans son discours fleuve de 2 heures, écouté religieusement par 3 000 députés, Li Keqiang a donné des pistes : miser sur l’innovation, tout en s’attaquant aux surcapacités dans l’industrie lourde, au risque de perdre des emplois.

Li Keqiang a d'ailleurs promis une aide de 14 milliards d’euros pour reclasser les futurs chômeurs. Pour soutenir l’activité, il y aura un plan de relance. Il fera bondir le déficit budgétaire du pays à 3 % du produit intérieur brut (PIB).


■ Extrait du discours de Li Keqiang

« Nous donnerons la priorité à la réduction des surcapacités de production dans les secteurs qui peinent à sortir du rouge, tels que la sidérurgie et l’industrie houillère.

En nous tenant au principe suivant, " autorégulation du marché, rôle central des entreprises, exécution des autorités locales, soutien des autorités centrales ", et en recourant à une combinaison de mesures économiques, législatives, techniques, environnementales, de qualité et de sécurité, nous travaillerons à contrôler strictement l’augmentation des capacités de production, à éliminer résolument les capacités obsolètes et à poursuivre de manière ordonnée le retrait des excédents.

Nous chercherons à trouver des solutions rapides et adéquates aux difficultés des " entreprises zombies " en prenant les mesures nécessaires telles que les fusions-acquisitions, les regroupements, les restructurations des dettes et la mise en liquidation.

Nous prévoyons d’octroyer 14 milliards d’euros à un fond spécial de récompense et de subvention, qui sera notamment destiné à reclasser les employés licenciés. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail