Japon

Fukushima: Tepco le concède, ses ouvriers ont été exposés à de fortes radiations

Un travailleur contrôlé, avant d'entrer dans le centre des opérations d'urgence de Tepco à Fukushima, en février 2012, près d'un an après la catastrophe.
Un travailleur contrôlé, avant d'entrer dans le centre des opérations d'urgence de Tepco à Fukushima, en février 2012, près d'un an après la catastrophe. REUTERS/Issei Kato

Pour la première fois depuis le drame nucléaire de Fukushima en 2011, la Tokyo Electric Power Company (Tepco), l'opérateur de la centrale, dévoile que des dizaines de milliers de ses ouvriers, ainsi que ceux d'entreprises sous-traitantes, ont subi de fortes radiations depuis cinq ans. La dose moyenne reçue dépasse le seuil cancérigène des 5 millisieverts sur 12 mois.

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Avec notre correspondant à Tokyo,  Frédéric Charles

Officiellement, aucun ouvrier ayant opéré sur la centrale nucléaire de Fukushima -Daiichi après le début de la catastrophe de 2011- plus grave accident de l'histoire du nucléaire civil depuis Tchernobyl en 1986 -, n'est décédé du fait de son exposition aux radiations.

Jusqu’à présent, le gouvernement japonais n’a reconnu qu’un seul cas de leucémie, chez un ouvrier de la centrale de Fukushima, pouvant être lié à l’exposition aux radiations. Trois autres cas sont en cours d’examen.

Cinq millisieverts par an, c'est le seuil à partir duquel, selon les critères des autorités japonaises, les ouvriers de la centrale risquent potentiellement de développer un cancer.

Mais il ne s'agit pas non plus d'un niveau très élevé, déclare un professeur de l’université de Nagasaki. La probabilité de développer un cancer reste faible, ajoute-t-il.

Le Japon est-il déjà passé à autre chose ?

Une centaine d’ouvriers ayant travaillé sur le site de la centrale dès le début de l’accident ont reçu une dose de plus de 100 millisieverts. La dose la plus élevée pour l’un d’entre eux dépasse 600 millisieverts.

Les ouvriers ayant reçu une dose de plus de 100 millisieverts bénéficient d’un suivi médical particulier, visant à suivre l’éventuelle apparition de dysfonctionnements de la thyroïde et de certains cancers : poumon, estomac, colon.

Dès le début de l’accident, des cancérologues japonais ont lancé un appel pour que l’on stoppe les cellules souches du sang des ouvriers de Fukushima, par mesure de précaution, en cas d’exposition à des niveaux mortels de radiation.

Leur appel n’a pas été entendu, et aujourd’hui, les grands médias japonais ne s’attardent pas sur ces questions, depuis que le gouvernement a décidé de réactiver ses réacteurs à l’arrêt.

→ À relire : De Hiroshima à Fukushima, la relation ambigüe du Japon avec l'atome

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