Chine

Chine: le quotidien économique «Caixin» censuré par le pouvoir

Le président chinois Xi Jinping lors de la cérémonie  d'ouverture de la World Internet Conference qui se tenait à Wuzhen, dans la province du Jiangsu, en décembre 2015.
Le président chinois Xi Jinping lors de la cérémonie d'ouverture de la World Internet Conference qui se tenait à Wuzhen, dans la province du Jiangsu, en décembre 2015. REUTERS/Aly Song

La Chine est la « plus grande prison du monde pour des journalistes, des blogueurs et des cyberdissidents », estime l’ONG Reporters sans frontières. Mais la résistance existe. Au lieu de se soumettre aux cyber-surveillants, un média chinois a choisi de riposter, après avoir été censuré.

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De notre correspondante à Pékin

C’est un nouveau coup de maître des cyber-policiers qui ont pour seule mission de contrôler et de purger la Toile. La victime s’appelle Caixin. C'est un magazine économique et l’un des rares médias qui ose encore faire preuve d’indépendance vis-à-vis du régime. Caixin a publié une interview avec Jiang Hong, professeur de l’université de Shanghaï, et l’un des quelque 2 000 membres de la Conférence consultative du peuple chinois, réunis actuellement à Pékin.

Dans cette interview, le député Jiang Hong demande le droit de s’exprimer librement et de pouvoir soumettre des suggestions aux dirigeants du parti communiste tout en admettant : « On est tous un peu hébété et personne ne veut plus parler ouvertement ». C’en était trop pour les policiers d'internet qui ont supprimé ce contenu du site web de Caixin. Le lien de la page renvoie à ce message : « page introuvable ».

Riposte inattendue de Caixin

Caixin a décidé de défier les contrôleurs du net. Le magazine a informé ses lecteurs que l’administration chinoise du cyberespace avait censuré cette interview parce qu’elle aurait « violé les lois en vigueur ». Les journalistes poussent encore plus loin, en citant leur interlocuteur, qui juge cette censure « terrifiante ». Une photo illustre l’article : une bouche fermée par trois bandes de scotch. Photo effacée entretemps. Provoquer ainsi les surveillants du net est plutôt inhabituel et courageux de la part d’un média chinois qui doit craindre à tout moment d’être sanctionné ou même d’être fermé.

Pékin serre de plus en plus la vis

Le président Xi Jinping exige des médias une loyauté absolue, comme il l’a dit le 19 février lors de sa tournée au siège de la télévision d’Etat : les journalistes doivent « aimer le parti, protéger le parti et être au diapason avec les dirigeants du parti dans leurs pensées, leur politiques et leurs actions ». Tolérance zéro donc pour les valeurs occidentales, comme la liberté de la presse, valeurs qui sont considérées comme « dangereuses » pour la stabilité du pays et surtout pour le règne du parti unique.

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