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Malaisie / Australie

Corruption: la Malaisie expulse deux journalistes étrangers trop curieux

Le Premier ministre malais Najib Razak, le 14 mars 2016 à Kuala Lumpur.
Le Premier ministre malais Najib Razak, le 14 mars 2016 à Kuala Lumpur. REUTERS/Olivia Harris
3 mn

Depuis plusieurs mois, en Malaisie, un vaste scandale de corruption ébranle le pouvoir du Premier ministre Najib Razak. Mardi 15 mars 2016, deux journalistes de la télévision australienne ABC, qui enquêtaient sur le sujet, ont été expulsés du pays.

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De notre correspondant dans la région,

Tout a débuté il y a huit mois, en juillet dernier, après la parution d'un article du quotidien américain The Wall Street Journal. Le Premier ministre malais Najib Razak y est associé à des détournements de fonds, depuis un fonds public d'investissement destiné à moderniser le pays, et qui avait été créé à son arrivée au pouvoir en 2009.

Cette société est aujourd'hui endettée à hauteur de 10 milliards d'euros, et une partie de cet argent, la somme de plus d'un milliard de dollars, aurait abouti selon le Wall Street Journal sur des comptes personnels du Premier ministre, via de complexes transferts internationaux d'argent. Najib Razak, sans nier clairement les accusations, évoque un don d'argent, peu probant, de la part de la famille royale saoudienne.

Plusieurs grandes banques internationales - JP Morgan, la Banque royale d'Ecosse ou encore Goldman Sachs -, sont citées dans ce dossier sulfureux. Et depuis ces révélations, de nombreuses enquêtes ont été ouvertes à travers le monde, comme en Suisse, aux Etats-Unis ou encore à Singapour. Notamment à propos de soupçons de corruption de fonctionnaires étrangers, de détournements de fonds publics et de blanchiment d'argent.

Dernier développement en date: l'expulsion de deux journalistes étrangers

Mardi, deux journalistes australiens travaillant pour la chaîne de télévision ABC ont été expulsés de Malaisie, alors qu'ils enquêtaient sur ce scandale de corruption. Ils avaient dans un premier temps été arrêtés samedi dernier, alors qu'ils tentaient d'interroger le Premier ministre Najib Razak, au moment où celui-ci visitait une mosquée de l'île de Bornéo.

En Malaisie, la presse qui a osé évoquer ce scandale a, depuis, été muselée, et des lanceurs d'alerte ont été arrêtés. De plus, le procureur général malais, qui enquêtait sur le scandale, a été remplacé, tout comme un vice-ministre qui demandait une accélération des enquêtes en cours. Mais la pression s'accentue de jour en jour autour de Najib Razak. Depuis début mars, les appels à la démission se multiplient à travers la classe politique malaise.

Mahathir Mohammad, Premier ministre de Malaisie entre 1981 et 2003, l'un des poids lourds de la classe politique du pays, a quant à lui démissionné du parti au pouvoir pour devenir le fer de lance de la contestation. Reste à savoir combien de temps l'actuel chef du gouvernement, dont l'image a été très largement ternie par cette affaire, pourra résister à la pression sans se faire emporter par ce scandale financier.

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