Australie

Les propos d’un ministre australien sur les réfugiés «illettrés» font polémique

Le ministre de l'Immigration et de la Protection des frontières, Peter Dutton, a affirmé que beaucoup de réfugiés étaient illettrés et volaient les emplois des Australiens, ce qui a choqué l'opposition travailliste. Ici, à Brisbane, le 19 avril 2011.
Le ministre de l'Immigration et de la Protection des frontières, Peter Dutton, a affirmé que beaucoup de réfugiés étaient illettrés et volaient les emplois des Australiens, ce qui a choqué l'opposition travailliste. Ici, à Brisbane, le 19 avril 2011. Flickr/CC BY-ND 2.0/dingram_kiwi

Les Australiens éliront leur nouveau Parlement et Premier ministre le 2 juillet prochain. La campagne électorale bat son plein, et l’un des thèmes centraux est l’immigration. L’Australie est connue pour sa politique d'expulsion des demandeurs d’asile qui arrivent clandestinement. Mais le 17 mai, le ministre de l’Immigration et de la Protection des frontières, Peter Dutton, est allé plus loin. Cette fois-ci, il s’en prend aux réfugiés qui arrivent par les voies légales.

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Avec notre correspondante à Melbourne, Caroline Lafargue

Beaucoup de réfugiés ne savent ni compter, ni lire, ni écrire dans leur langue et ils ne parlent pas anglais, affirme Peter Dutton. D’après le ministre libéral de l’Immigration et de la Protection des frontières, soit ils volent les emplois des Australiens, soit ils vivent au crochet de la Sécurité sociale.

Des propos dignes de l’extrême-droite et contraires aux traditions d’accueil de l’Australie, un pays qui s’est construit grâce aux migrants, rappelle l’opposition travailliste. Actuellement en tête dans les sondages en vue des élections législatives le 2 juillet, les travaillistes promettent de doubler le quota des réfugiés accueillis par l’Australie pour atteindre 27 000 visas humanitaires chaque année.

Tolérance zéro envers les migrants

Mais à part quelques députés frondeurs, les candidats travaillistes continuent à soutenir la politique de tolérance zéro menée par la majorité libérale. Depuis 2013 en effet, l’Australie n’accueille que des réfugiés pris en charge par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et qui arrivent par avion. Tous les migrants qui tentent d’arriver par bateau sont expulsés à la frontière par la marine australienne. Et ceux arrivés avant 2013 sont enfermés dans des centres de rétention dans des pays du Pacifique, même après l’obtention de leur statut de réfugié. Cette politique est régulièrement dénoncée par l’Organisation des Nations unies.

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