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CHINE

Chine: après les «policiers du net», les «soldats de la propagande» du net

L'icône du cadenas signifiant une connection internet cryptée. (Illustration).
L'icône du cadenas signifiant une connection internet cryptée. (Illustration). REUTERS/Mal Langsdon/Files

La Chine emploie une armée de « policiers du net » chargés de censurer la toile. Mais ce qu’on sait un peu moins, c’est qu’il existe aussi en parallèle des commentateurs, chargés non pas de retirer les contenus qui pourraient déranger le pouvoir mais de poster sur internet des messages pro-gouvernementaux. Une « armée de propagandistes » sur laquelle se sont penchés trois chercheurs américains. Leur étude publiée il y a quelques jours par l’université de Harvard nous apprend beaucoup de choses sur eux.

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De notre correspondante à Shanghai,

Il faut savoir qu’en Chine cette « armée de propagandistes » est connue de la population. Elle est même surnommée le « parti des 50 centimes » parce que ces commentateurs seraient payés par le gouvernement 50 centimes de yuans par message posté sur la toile, l’équivalent de 7 centimes d’euros.

Mais selon l’étude cette légende urbaine serait fausse. N’allez pas chercher d’internautes en tenue militaire : il s’agirait en fait simplement de fonctionnaires d’Etat, qui posteraient ces messages sur leur temps libre et qui ne recevraient aucune rémunération pour cette tâche. A eux seuls, ces fonctionnaires posteraient sur la toile 488 millions de messages ! C’est énorme quand on sait que la Chine compte 700 millions d’internautes.

Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, ces messages ne défendent pas les idées du régime, mais ont pour but de distraire les lecteurs. Par exemple, on peut lire des messages comme : « J’aime la Chine » ou encore : « Respect à tous ceux qui ouvrent pour la prospérité de la civilisation chinoise ! ». L’objectif de ces messages est donc tout simplement de changer de sujet pour étouffer, faire oublier les commentaires un peu trop subversifs.

La « censure à l’envers »

Toujours selon l’étude de Harvard, la publication de ces messages coïncide avec des périodes de tensions politiques. Par exemple, en juin 2013, les auteurs de l’étude ont constaté un boom dans l’apparition de commentaires pacificateurs parce que cette période correspondait aux émeutes dans la province du Xinjiang, une région où la population à majorité musulmane est victime de répression. Ce qui laisse penser que c’est bien le gouvernement qui coordonne tout ça.

C’est une nouvelle forme de censure que les auteurs de l’étude nomment « censure à l’envers » puisqu’avec cette stratégie, en plus de bloquer les contenus, les autorités inondent la toile de messages pour diluer encore davantage les commentaires considérés comme non-conformes à la pensée du parti. Dans cette étude, on apprend également que les services de propagande ont demandé expressément à ces petites mains de la toile de « guider l’opinion publique et de promouvoir l’unité et la stabilité de la nation à travers des messages positifs ».

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