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Corée du Sud

Corée du Sud: l’industrie de la construction navale dans la tempête

Un ouvrier métallurgiste travaille sur un porte-conteneur sur le chantier Daewoo d'Okpo, à 60 km au sud de Busan (Corée du sud).
Un ouvrier métallurgiste travaille sur un porte-conteneur sur le chantier Daewoo d'Okpo, à 60 km au sud de Busan (Corée du sud). ED JONES / AFP

Les constructeurs sud-coréens de bateaux traversent la plus grave crise de leur histoire. L’industrie de la construction navale, qui a longtemps été un des piliers du développement économique spectaculaire du pays, est aujourd’hui dans la tourmente : les commandes s’effondrent et des licenciements massifs sont en vue.

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De notre correspondant à Séoul,

Les dernières statistiques publiées ne sont guère encourageantes. Le nombre de commandes de bateaux reçues par la Corée sur le premier semestre 2016 a atteint son plus bas niveau depuis vingt ans, a-t-on appris lundi 4 juillet. Voilà qui ne va pas arranger les affaires des trois principaux constructeurs coréens - Samsung, Daewoo et Hyundai - qui a eux trois ont déjà cumulé l’année dernière des pertes évaluées à 6,6 milliards d’euros.

Les carnets de commandes sont vides, et les chantiers titanesques situés au sud de la péninsule, près des villes d’Ulsan et de Goeje, vont bientôt se retrouver sans activité. Selon l’association des industriels du secteur, environ 60 000 licenciements sont à prévoir d’ici fin 2017.

C’est une catastrophe pour une industrie qui emploie 200 000 salariés et qui a dominé le marché mondial pendant près de quinze ans. La moitié environ des gigantesques porte-conteneurs, pétroliers, gaziers de la planète étaient fabriqués en Corée du Sud. Une réussite éclatante qui a joué un rôle moteur dans l’histoire du développement économique accéléré du pays.

Les banques affectées

Les causes de cette crise sont multiples, mais il y en a trois principales. Tout d’abord, il y a la concurrence du voisin chinois, moins chère. Les constructeurs chinois raflent désormais la majorité des commandes pour les navires les plus « simples » technologiquement.

Le ralentissement du commerce mondial provoque aussi une baisse des besoins en termes de transport de marchandises et de matières premières et donc de la demande en bateaux.

Enfin, la chute des prix du pétrole a frappé durement les industriels coréens, qui se sont spécialisés dans la construction de gigantesques plateformes pétrolière et de navires de forage à forte valeur ajoutée.

La crise est donc profonde et les analystes redoutent des effets de contagion : les constructeurs sont lourdement endettés, et les banques qui ont injecté des milliards de dollars pour remettre le secteur à flot s’en trouvent fragilisées.

L'espoir d'une relance dans un an

Le gouvernement a donc décidé d’intervenir. Début juin, Séoul a promis quelque 9,1 milliards d’euros aux principales banques publiques qui possèdent la dette des constructeurs. Et le 30 juin, le gouvernement a annoncé un plan de 600 millions d’euros pour tenter de prévenir les licenciements massifs prévus dans le secteur.

Les trois principaux constructeurs seront cependant exclus de cette mesure tant qu’ils ne mettront pas en place de vastes plans de restructuration exigés par les autorités. Un bras de fer s’est engagé avec les syndicats, qui s’y opposent. Le tout sur fond de malversations financières chez certains constructeurs. Lundi, l’ancien patron de Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering a été entendu par les procureurs : son entreprise est accusée de fraude comptable.

Le secteur est donc durement touché, mais il espère une relance de la demande, fin 2017. La Corée possède toujours une longueur d’avance technologique sur ses concurrents chinois, elle peut donc rebondir… même s’il semble que son heure de gloire est désormais passée.

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