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Philippines

Philippines: Manille prêt à partager la mer de Chine méridionale avec Pékin

Le récif Mischief, revendiqué par les Philippines mais contrôlé et poldérisé par la Chine.
Le récif Mischief, revendiqué par les Philippines mais contrôlé et poldérisé par la Chine. REUTERS/Ritchie B. Tongo/Pool TPX
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les Philippines sont désormais prêtes à partager avec Pékin les ressources naturelles des zones disputées de la mer de Chine méridionale. Depuis plusieurs années, une procédure internationale d’arbitrage concernant ce territoire empoisonne les relations entre ces deux pays. Cette main tendue du nouveau président philippin devrait sans doute marquer un réchauffement des relations diplomatiques.

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Manille change de cap. Les Philippines sont prêtes à partager avec Pékin les ressources naturelles des zones disputées de la mer de Chine méridionale, même en cas de décision en leur faveur d'un tribunal international.

Selon le nouveau ministère philippin des Affaires étrangères, Perfecto Yasay, le gouvernement du nouveau président Rodrigo Duterte espère ouvrir rapidement le dialogue avec la Chine après le jugement de la Cour permanente d'arbitrage (CPA) de La Haye attendu mardi.

Les négociations devront porter sur l'exploitation conjointe des réserves de gaz naturel et des ressources liées à la pêche dans la Zone économique exclusive des Philippines. Il s'agit de voir « comment nous pouvons utiliser et bénéficier mutuellement de ces ressources dans la ZEE où les revendications se chevauchent », précise M. Yasay.

Une rupture avec le président précédent

Le gouvernement philippin précédent, celui de Benigno Aquino, avait saisi la CPA en 2013, faisant valoir que les revendications chinoises étaient une violation de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), dont les deux pays sont signataires. Pékin considère comme son territoire national la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale.

Cela concerne notamment les eaux proches des pays voisins. Les Philippines, le Vietnam, la Malaisie, Brunei ou Taïwan ont également des prétentions sur tout ou partie de la sous-région, qui sont parfois contradictoires. La mer de Chine du Sud est notamment traversée par des autoroutes de fret maritime majeures, qui permettent de connecter l'Asie orientale avec le Pacifique, l'Europe et le Moyen-Orient.

Cette mer recèlerait d'importants gisements d'hydrocarbures aussi, et constitue encore un carrefour stratégique majeur pour le déploiement d'intérêts militaires en mer, sur et sous l'eau. Pour appuyer ses prétentions, la Chine y mène donc notamment d'énormes travaux de remblaiement, construisant des îles artificielles et des pistes d'atterrissage sur des récifs corraliens, pouvant accueillir des avions et navires militaires.

On pense que le verdict de l'arbitrage va être plutôt dans l'intérêt des Philippines que de la Chine, mais s'il n'y a pas une diplomatie des Philippines derrière pour défendre la mise en œuvre du verdict, cela pourrait être un coup d'épée dans l'eau.

Mathieu Duchâtel, directeur adjoint du programme Asie et Chine au Conseil européen des relations internationales

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