Chili

Chili: l'Etat poursuivi par des victimes de la secte Colonie Dignité

Une vue de la Villa Baviera, nom officiel du lieu depuis 1991. Sous la dictature Pinochet, cette colonie agricole baptisée Colonie Dignité et fondée par l'ancien nazi Paul Schäfer fut un camp de travail et de torture.
Une vue de la Villa Baviera, nom officiel du lieu depuis 1991. Sous la dictature Pinochet, cette colonie agricole baptisée Colonie Dignité et fondée par l'ancien nazi Paul Schäfer fut un camp de travail et de torture. Claudio Reyes / AFP

Au Chili, 120 anciens membres de la secte Colonie Dignité annoncent saisir le tribunal civil contre l'Etat chilien. Localisée à plus de 300 km au sud de Santiago, cette secte créée dans les années 60 par un ancien nazi s'est révélé être un lieu de torture et de détention pour les opposants à la dictature et un camp de concentration pour ses membres.

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Avec notre correspondante à Santiago du Chili,  Claire Martin

Colonie Dignité. Un Etat dans l'Etat fondé par un ancien nazi, Paul Schäfer, en 1961. Sur plusieurs centaines de kilomètres carrés, en pleine campagne, ce qui prétend être une association caritative pour orphelins est en fait un camp de travail pour sa centaine de membres, une secte, où le gourou s'adonne à la pédophilie jusqu'en 2005.

Winfried Hempel est né dans la colonie : « J'ai été victime d'esclavage, de mauvais traitement, d'avoir été séparé de mes parents à la naissance. Qu'est-ce que j'entends par esclavage ? Travailler depuis mes 7 ou 8 ans du lundi au lundi, 16 heures par jour, sous les coups, et ce, pendant quatorze années de ma vie », raconte-t-il.

Sous la dictature, entre 1973 et 1990, la Colonie Dignité devient même un centre de torture. La faute à qui ? A l'Etat chilien notamment, accusent les anciens colons, représentés par Winfried Hempel, devenu leur avocat. « Des personnes vivant sur le territoire de la République, des étrangers et des Chiliens ont été réduits en esclavage, torturés, abusés sexuellement. Ils ont vu tous leurs droits fondamentaux violés. Et face à cela, l'Etat chilien n'a rien fait. »

Il réclame pour chacun d'entre eux un million de dollars. La plupart continuent de vivre dans l'ancienne colonie, dans la pauvreté, sans aucun soutien de la part de l'Etat.

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