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Inde / Réseaux sociaux

Inde: quand l'application Snapchat libère la parole des victimes de viols

Des manifestants protestant contre la libération d'un des auteurs du viol collectif et du meutre Jyoti Singh, le 20 décembre 2015 à New Delhi.
Des manifestants protestant contre la libération d'un des auteurs du viol collectif et du meutre Jyoti Singh, le 20 décembre 2015 à New Delhi. REUTERS/Adnan Abidi
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En Inde, l’application Snapchat permet d’aider les victimes de viols. Elle permet d'enregistrer leurs témoignages sur leur propre portable, et surtout d'utiliser des filtres originaux pour se voiler le visage. L'anonymat est respecté et le message reste percutant.

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Avec notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis

Les témoignages sont édifiants. L'une a été violée à l'âge de 5 ans, l'autre enfermée dans une chambre pendant des jours, exploitée et torturée. De manière exceptionnelle, ces jeunes femmes acceptent de parler de leur calvaire face à une caméra.

Ces jeunes femmes témoignent, car leur visage est recouvert d'un filtre fourni par l'application mobile Snapchat. Une victime s'exprime ainsi en portant un masque virtuel de dragon rouge, qui suit ses mouvements. Les yeux expriment sa détresse, mais le reste de son visage est recouvert pour garantir son anonymat.

Capture d'écran de l'application Snapchat, montrant l'un des filtres utilisables, le 17 juillet 2016.
Capture d'écran de l'application Snapchat, montrant l'un des filtres utilisables, le 17 juillet 2016. DR


Préserver l’identité

Yusuf Omar, le responsable des éditions mobiles pour le quotidien Hindustan Times, explique qu'il a créé ce procédé pour permettre aux victimes de se sentir plus en confiance. Elles utilisent elles-mêmes la caméra frontale du téléphone et peuvent ainsi vérifier que leur identité est préservée.

La parole des victimes d'agressions sexuelles commence à peine à se libérer en Inde, depuis le viol collectif de décembre 2012, qui avait coûté la vie à une étudiante provoquant une vague inédite de manifestations et un débat national sur ce fléau.

Cependant, cette émancipation se limite aux villes, qui ne concentrent qu'un tiers de la population. Dans les campagnes, les femmes agressées doivent généralement se taire par peur de représailles ou pour préserver l'honneur de la famille. 

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