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Japon

Japon: Tomomi Inada, la carte féminine de Shinzo Abe, agite les réseaux sociaux

La nouvelle ministre japonaise de la Défense, Tomomi Inada, lors d'une conférence de presse à Tokyo le 3 août 2016.
La nouvelle ministre japonaise de la Défense, Tomomi Inada, lors d'une conférence de presse à Tokyo le 3 août 2016. REUTERS/Kim Kyung-Hoon
Texte par : Frédéric Charles
4 mn

Le Premier ministre japonais a nommé l'une de ses plus proches alliées nationalistes au ministère de la Défense. Comme Shinzo Abe, Tomomi Inada souhaite réviser la Constitution pacifique, considérée dans les milieux nationalistes comme un legs humiliant de la défaite de 1945, et doter si nécessaire le Japon de la bombe atomique. Sa nomination suscite déjà de l’inquiétude en Chine et en Corée du Sud, mais elle est plutôt bien reçue par les internautes japonais.

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De notre correspondant à Tokyo,

Nationaliste, révisionniste comme Shinzo Abe, Tomomi Inada est une dure et les internautes japonais aiment ça. Du moins, ceux qui répondent au nationalisme chinois anti-japonais par un nationalisme japonais anti-chinois. Ils sont sans doute majoritaires.

Ainsi le site Seiki Channel, dédié à la politique et à l’économie. « Nommer Tomomi Inada à la Défense est une bonne décision. Elle supervisait plutôt mal jusqu’ici la politique économique et budgétaire du parti conservateur », considère un internaute sous le couvert de l’anonymat.

« C’est une bonne décision pour l’avenir du Japon, argumente-t-il, parce qu’à la Défense, elle comprendra mieux toute l’agressivité de la Chine, sa militarisation de la mer de Chine méridionale. »

Et d’ajouter : « Je suis sûr que les féministes de gauche doivent pleurer de rage et de jalousie en apprenant la nomination de Tomomi Inada. »

Et le même internaute de s’interroger : « La nouvelle ministre de la Défense s’est vu refuser l’entrée sur le territoire sud-coréen. Est-ce déjà une déclaration de guerre de la part de la Corée du Sud et de la Chine ? »

« Une version féminine de Shinzo Abe » ?

Tomomi Inada avait été considérée comme indésirable par Séoul en 2011, après avoir nié que l’armée impériale japonaise eut forcé, durant la guerre, 200 000 jeunes Asiatiques, des Coréennes dans leur majorité, à se prostituer.

Shinzo Abe lui-même avait provoqué un tollé en Corée du Sud et aux Philippines en 2007, avec sa déclaration sur l’absence de « coercition » dans l’esclavage sexuel pratiqué par l’armée japonaise au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Sur Twitter, aujourd’hui, vous trouvez cette observation d’un certain Boltan : « Tomomi Inada est-elle une version féminine de Shinzo Abe ? C’est le meilleur compliment qu’on puisse lui faire. »

Certes, lors d’une première conférence de presse, la nouvelle ministre de la Défense s’est voulue rassurante. Tomomi Inada a déclaré qu’elle entendait coopérer de façon harmonieuse avec les pays de la région, Chine et Corée du Sud inclus.

Mais sur la Toile, ses alliés idéologiques nationalistes ne sont pas dupes : « Elle se veut conciliante parce que la Chine a déjà dit tout le mal qu’elle pense de sa nomination », note un internaute du nom de Shouwadanji.

Et d’ajouter : « Oui, oui, nous devons fâcher la Chine autant qu’on peut. Quitte à faire grimacer les commentateurs des chaînes de télévision Asahi et TBS. »

« Une sorte de maccarthysme à la Japonaise »

Bien entendu, sur Internet, on trouve aussi des réactions négatives chez les Japonais après la nomination de Tomomi Inada qui, au passage, est présentée comme une possible future Première ministre.

En voici une : « J’ai lu sur le site lite-ra.com que Tomomi Inada avait décidé de consacrer sa vie à son pays. Je suis sûre qu’elle va continuer de se rendre au sanctuaire de Yasukuni, où sont honorés parmi les morts pour la patrie des criminels de guerre. »

Et l'internaute de conclure : « Elle fait partie de ces nationalistes connus pour leurs prises de position agressives, mais qui n'ont pas à se rendre au front, dans des zones de guerre. »

« C’est une avocate horrible », s’insurge un autre internaute. « Elle avait attaqué avec férocité l’Asahi, considéré comme le journal de l’élite, pour avoir publié les déclarations d’un soldat japonais qui avait dit dans ses mémoires avoir participé à l’enlèvement de Coréennes contraintes de se prostituer durant la guerre. »

« Or, continue l'internaute, l’ancien soldat avait menti. Tomomi Inada s’est alors livrée à une sorte de maccarthisme à la Japonaise, accusant l’Asahi d’avoir encouragé des réactions anti-japonaises en Corée du Sud. »

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