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Australie

Australie: moqués par une caricature, les Aborigènes répliquent sur Twitter

Des indigènes australiens lors de l'ouverture de la National Aborigines and Islanders Day Observance Committee, le 6 juillet 2015 (image d'illustration).
Des indigènes australiens lors de l'ouverture de la National Aborigines and Islanders Day Observance Committee, le 6 juillet 2015 (image d'illustration). AFP PHOTO / Peter PARKS
Texte par : Caroline Lafargue
4 mn

En Australie, les Aborigènes sont-ils de mauvais parents ? Une caricature publiée dans le quotidien The Australian a lancé la polémique la semaine dernière. Mais depuis samedi, les internautes aborigènes contre-attaquent sur Twitter sous le hashtag #indigenousdads, les « papas indigènes ».

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Sur la caricature, trois personnages : un policier aborigène, qui rend un délinquant mineur aborigène, lui aussi, à son père. Le policier demande au père de remettre son fils dans le droit chemin, mais le père est saoul, il a une canette de bière à la main et donc il ne reconnaît donc pas son fils. Il répond alors au gardien : « OK, mais c'est quoi déjà le nom du petit ? ».

Cette caricature de Bill Leak, jugée raciste, a été condamnée par le gouvernement et une grande partie de la classe politique. Deux annonceurs - une banque et un festival - ont même rompu leur contrat de pub avec le quotidien The Australian.

Le père aborigène démissionnaire est un cliché qui revient régulièrement dans le débat public en Australie. Joel Bayliss, un Aborigène qui travaille avec les délinquants mineurs en Australie du Sud, a décidé de lancer une contre-attaque sur Twitter ce week-end. Il a posté une photo de lui avec ses deux enfants avec le commentaire: « papa fier ».

En 2 jours, environ 250 enfants et pères aborigènes ont posté leurs photos de famille sous le hashtag #indigenousdads, dans lesquelles ils se prennent dans les bras, ou en train de pêcher, de cuisiner des iguanes, de faire du sport, etc. Parmi eux, il y a un acteur aborigène, mais aussi le créateur de la toute première série télé qui met en scène un superhéros aborigène.

« On peut se contenter d'être en colère à cause de la caricature, mais je préfère en faire quelque chose de positif, explique Joel Bayliss, interrogé sur ABC, la chaîne publique australienne. Malheureusement il y a un cliché négatif sur les hommes aborigènes, donc j'espère que ce hashtag permettra de le casser. »

L’Australie encore sous le choc

Cette caricature du parent aborigène démissionnaire survient en plein scandale sur les mauvais traitements subis par les délinquants mineurs dans le Territoire du Nord. Les gardiens les déshabillent, leur jettent des bombes lacrymogènes, ou les attachent à des chaises et leur mettent une cagoule sur la tête. Or, dans le Territoire du Nord, 97% des délinquants mineurs sont Aborigènes. Ils ont entre 10 et 19 ans, et 60% d'entre eux sont des pupilles de l'État. La plupart viennent de familles en difficulté, rongées par les violences, l'alcool, le chômage, etc.

Bill Leak a fait sa caricature pour montrer que le vrai problème, ce ne sont pas les gardiens, mais les parents, qui négligent leurs enfants et les poussent ainsi à la délinquance. C'est aussi le leitmotiv de Noel Pearson. Cet avocat aborigène, personnalité respectée, n'approuve pas la caricature, mais il a déclaré la semaine dernière que « les Noirs doivent prendre la responsabilité de leurs propres enfants ».

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