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Thaïlande

Attentats en Thaïlande: la piste des séparatistes musulmans à privilégier ?

Attentats en Thaïlande: la police est à l'oeuvre à Surat Thani, l'un des sites touchés par les attaques avec Phuket et Hua Hin.
Attentats en Thaïlande: la police est à l'oeuvre à Surat Thani, l'un des sites touchés par les attaques avec Phuket et Hua Hin. REUTERS/Reuters TV
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Plusieurs explosions ont eu lieu ces dernières heures en Thaïlande dans trois stations balnéaires du sud du pays, tuant quatre personnes. Ces attentats surviennent alors que le pays célèbre l'anniversaire de la reine Sirikit. S'il n'y a pas encore de revendication, selon le spécialiste de la Thaïlande, Jean-Louis Margolin, il est exclu que l'opposition soit derrière ces attaques. Il faut plutôt chercher du côté de l'insurrection séparatiste musulmane.

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La junte a immédiatement dénoncé une « tentative de semer le chaos » en pointant du doigt sans la nommer, l'opposition. Mais pour pour Jean-Louis Margolin, historien et spécialiste de la Thaïlande, l'hypothèse que l'opposition soit derrière ces attentats est totalement à exclure. « Ça ne serait pas la première fois que la junte dirait des contrevérités pour essayer de servir sa cause et de salir au maximum une opposition par ailleurs totalement réduite au silence du fait d’une très violente répression depuis déjà à peu près deux ans », explique le chercheur.

La piste de la guérilla séparatiste à privilégier

Poser des bombes le jour de l'anniversaire de la reine équivaut à une volonté de rupture très forte avec le système politique thaïlandais, poursuit Jean-Louis Margolin. « L’opposition, quoi qu’elle puisse penser, au fond d’elle-même, in petto, des institutions monarchiques,...ne s’en est jamais pris ouvertement à la monarchie. Ce serait en quelque sorte la meilleure façon de se suicider politiquement ; elle n’a certainement pas envie de sacrifier ses bases d’un retour éventuel au pouvoir même si c’est dans assez longtemps, au profit d’une stratégie complètement aventuriste où on se mettrait à poser des bombes, ça n’a absolument aucun sens. »

Selon Jean-Louis Margolin, la piste de l'insurrection séparatiste musulmane est à privilégier car il est « de leur point de vue, de bonne guerre de s’attaquer aussi au symbole de la monarchie thaïlandaise ».

Dans l'extrême-sud du pays, il y a « une minorité musulmane, disons, en révolte endémique depuis déjà des décennies... qui a effectué un certain nombre d’attentats à la bombe, des attaques contre des postes de police, des postes de l’armée », explique le chercheur à RFI.

Le tourisme, nouvelle cible ?

Que des commissariats ou postes de police soient visés, ce n'est guère une nouveauté mais que ces zones touristiques le soient également c'est une nouveauté, pointe Jean-Louis Margolin, car « jamais les guérillas musulmanes ne s’en sont pris jusque-là aux touristes ».

« Très vraisemblablement, il s’agit d’une remobilisation, d’une extension du domaine de la lutte des guérillas musulmanes qui peut être sous l’influence croissante dans la région de l’organisation Etat islamique, on peut risquer cette hypothèse en voyant que, bien sûr, dans toute une série de pays, l’effet était démultiplié par les médias et qui était, dès qu’on s’en prenait aux touristes, aux zones touristiques, on en parlait beaucoup plus. Et donc c’était un moyen finalement de faire pression aussi sur le gouvernement thaïlandais, le mettre dans l’embarras en frappant quand même un secteur qui pour la Thaïlande est absolument déterminant pour l’économie. » Le pays accueille quelque 30 millions de touristes par an.

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