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Malaisie / Musique

Malaisie: un rappeur arrêté pour blasphème

Le rappeur malaisien Namewee, de son vrai nom Wee Meng Chee, en 2010.
Le rappeur malaisien Namewee, de son vrai nom Wee Meng Chee, en 2010. AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Accusé d'avoir insulté l'islam pour un clip dans lequel on entend le mot « Allah », le rappeur Namewee a été arrêté à son retour en Malaisie. Partisan d'un islam tolérant, pratiqué par la majorité de la population, ce royaume d'Asie du Sud-Est connaît depuis quelques années une crispation sur les questions religieuses.

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En Malaisie, un rappeur est soupçonné d’avoir « insulté l’islam » dans le clip de sa chanson « Oh My God ». Arrêté dimanche 21 août au soir alors qu’il revenait de l’étranger, le chanteur Namewee doit rester quatre jours en détention provisoire. Selon la presse locale, il risque jusqu’à deux ans de prison.

Sur son profil Facebook, le rappeur, de son vrai nom Wee Meng Chee, a répondu à ceux qui lui demandaient pourquoi il n'avait pas évité l'arrestation en restant à l'étranger. « Puisque je n’ai rien fait de mal, pourquoi devrais-je m’enfuir et me cacher ? écrit-il. La Malaisie est ma maison, mon pays ».

Dans la vidéo qu’il a dirigée, on le voit avec cinq autres chanteurs devant ou à l’intérieur d’une mosquée, d’une église et de temples hindous, bouddhistes et taoïstes, revêtus d’habits représentant ces différentes cultures et religions.

Crispation religieuse

Il y a quelques semaines, une coalition de vingt ONG avait porté plainte contre Namewee, affirmant que dans son clip, cinq de ses personnages prononçaient le mot « Allah ». Le chanteur avait alors affirmé qu’il ne voulait pas insulter les religions, mais « promouvoir l’harmonie ».

Les deux tiers de la population malaisienne sont musulmans, et le pays compte d’importantes communautés bouddhistes, catholiques et hindouistes. L’islam pratiqué dans le royaume est modéré, mais depuis quelques années, on note une crispation. Les chrétiens n’ont par exemple plus le droit d’utiliser le mot « Allah ».

La veille de son arrestation, Namewee avait modifié sa vidéo, mais cela n’a pas suffi. L'ONG Amnesty International demande désormais la libération immédiate du chanteur, soulignant que « la protection des religions et des croyances ne doit pas restreindre la liberté d'expression » protégée par la Constitution malaisienne.

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