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Taïwan

Fête nationale à Taïwan, sur fond de regain de tension avec la Chine populaire

Un jeune Taiwanais captivé par le spectacle, ce lundi 10 octobre 2016 dans les rues de Taipei pour la fête nationale. Derrière, le drapeau de la République de Chine alias Taiwan, autrement dit l'ancien drapeau chinois.
Un jeune Taiwanais captivé par le spectacle, ce lundi 10 octobre 2016 dans les rues de Taipei pour la fête nationale. Derrière, le drapeau de la République de Chine alias Taiwan, autrement dit l'ancien drapeau chinois. REUTERS/Tyrone Siu
Texte par : Clément Robin
4 mn

Ce lundi 10 octobre, la République de Chine célèbre sa fête nationale. République de Chine et non pas République populaire de Chine. Ce pays démocratique de 23 millions d’habitants est aujourd’hui plus connu sous le nom de « Taiwan ». Une île ou s’étaient repliés les nationalistes chinois en 1949, après avoir été chassés du pouvoir par les communistes de Mao. Avec le temps, les échanges économiques ont largement repris. Mais les tensions restent vives entre les deux rives du détroit.

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De notre envoyé spécial à Taipei,

Le dernier événement en date remonte à deux semaines à peine. Taiwan n’a pas été invité à participer à l’assemblée générale de l'Organisation de l'aviation civile internationale au Canada. Taipei a immédiatement dénoncé l’influence de Pékin, qui aurait fait pression sur cette agence des Nations unies pour ne pas convier l’île-Etat à cette réunion.

Quelques semaines plus tôt, c’est la rencontre entre le Dalaï-Lama et un député taiwanais qui avait mis le feu aux poudres. Le député en question, Freddy Lim, membre d’un nouveau parti ouvertement hostile à l’influence de Pékin, a même invité le chef spirituel à effectuer une visite officielle à Taiwan, entraînant de vives réactions de l’autre côté du détroit.

Fête nationale de la République de Chine, le 10 octobre 2016 à Taipei.
Fête nationale de la République de Chine, le 10 octobre 2016 à Taipei. REUTERS/Tyrone Siu

« Une seule Chine », deux interprétations

La multiplication des accrochages, la relance du bras de fer, tient à l’élection de la présidente Tsai Ing-wen, en janvier dernier à Taiwan. Son camp, le Parti démocrate progressiste (PDP ou Minjindang), a également remporté la majorité au Parlement et revendique historiquement l’indépendance de Taiwan vis-à-vis de la Chine continentale, en opposition au Kuomintang, le parti précédemment au pouvoir qui avait entrepris un rapprochement entre les deux rives.

D’ailleurs dès son élection, la première femme présidente de Taiwan n’a pas voulu reconnaître le principe cher à Pékin d'une « seule Chine », entraînant la rupture des communications entre les deux rives. C’est donc un véritable numéro d’équilibriste pour Tsai Ing-wen qui, tout respectant la ligne de son parti, doit aussi tout faire pour ne pas provoquer inutilement Pékin, et essayer en parallèle de réduire la dépendance de Taiwan vis-à-vis de la Chine continentale.

Les armes de la Chine populaire

Dans ce bras de fer, c’est surtout Pékin qui fixe le niveau des tensions. Surtout que la Chine communiste dispose de tout un arsenal d’outils pour faire plier « l'île rebelle » sur la question de son statut. Première arme : l'économie, puisque l’essentiel des exportations de Taiwan passent par la Chine, où de nombreuses entreprises de l’île sont implantées.

Tsai Ing-wen, photographiée lors de la fête nationale taiwanaise, le 10 octobre 2016 à Taipei.
Tsai Ing-wen, photographiée lors de la fête nationale taiwanaise, le 10 octobre 2016 à Taipei. REUTERS/Tyrone Siu

Une autre arme est plus diplomatique, et dans ce bras de fer, on peut dire que la Chine communiste a une longueur d’avance. La règle est simple : si un pays souhaite ouvrir des relations diplomatiques avec la Chine, il doit impérativement rompre celles avec Taiwan. Si bien qu’aujourd’hui, non seulement la République de Chine n’a plus de tribune à l’ONU, mais elle n’est reconnue que par une vingtaine d’Etats dans le monde, parmi lesquels le Burkina Faso, Haïti, ou encore le Panama.

Un exemple illustre d’ailleurs très bien ces pressions de la Chine sur Taiwan : dans plusieurs affaires judiciaires ces dernières années, notamment au Kenya, en Malaisie et au Cambodge, à plusieurs reprises, des Taiwanais jugés dans ces trois pays ont été expulsés non pas vers Taiwan, mais vers la Chine continentale. Un autre moyen pour Pékin de faire pression sur la ligne politique des autorités taiwanaises.

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