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Japon

Comment Donald Trump fait plier les groupes industriels asiatiques

Un employé de Toyota Motors sur une ligne d'assemblage, au Japon, en février 2015..
Un employé de Toyota Motors sur une ligne d'assemblage, au Japon, en février 2015.. AFP PHOTO / TOSHIFUMI KITAMURA
Texte par : Frédéric Charles
3 mn

Il y a un effet Trump au Japon et ailleurs en Asie. L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche inquiète les grands exportateurs asiatiques, à commencer par les constructeurs automobiles japonais. Donald Trump multiplie les attaques contre eux. Sa cible préférée : Toyota, menacé de rétorsions s’il construit une usine au Mexique. Et ce chantage du président américain a un effet sur Toyota.

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De notre correspondant à Tokyo

Toyota vient d’annoncer un investissement de 600 millions de dollars dans son usine de Princeton dans l’Indiana et la création de 400 emplois supplémentaires. L’Indiana est l’Etat dont le vice-président américain Mike Pence a été le gouverneur. Akio Toyoda, le patron de Toyota, n’a pas caché son inquiétude à Mike Pence. Donald Trump a critiqué la volonté du constructeur japonais de produire ses Corolla au Mexique, alors qu’elles sont assemblées aujourd’hui dans l’Etat du Mississipi et au Canada.

L’industrie automobile dans le viseur de Donald Trump

Contre les taxes douanières

Ces critiques de Donald Trump contre Toyota ne sont pas justifiées. Toyota est le plus américain de tous les constructeurs japonais. Les deux tiers de sa production nord-américaine sont réalisées aux Etats-Unis, contre 5% au Mexique. Par comparaison, Nissan assemble 25% de ses ventes américaines au Mexique. Toyota emploie 40 000 salariés aux Etats-Unis et y a vendu, l’an dernier, 2,4 millions de véhicules. Pour apaiser Donald Trump, le patron s’est encore senti obligé d’annoncer qu’il allait investir dix milliards de dollars sur cinq ans aux Etats-Unis.

Si Toyota et les autres constructeurs japonais cèdent aux pressions de Donald Trump, c’est parce qu’ils veulent éviter l’imposition de taxes douanières sur leurs importations de véhicules produits au Mexique. Jusqu’ci, les constructeurs automobiles, pas seulement japonais mais aussi américains, ont bénéficié des tarifs douaniers préférentiels prévus par le traité de libre-échange entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique.

Donald Trump veut renégocier aussi cet accord de l’Alena. Selon la banque Nomuras, une hausse des tarifs douaniers de seulement 10% réduirait le résultat opérationnel de Nissan de plus de 10%, l’impact pour Toyota serait négligeable, moins de 1%. Mais pour les constructeurs japonais, ou coréens, le marché nord-américain est d’un intérêt vital. C’est le plus profitable de tous.

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Au-delà de l’automobile, d’autres groupes industriels japonais répondent aux déclarations protectionnistes de Donald Trump par de nouveaux investissements aux Etats-Unis. Pas uniquement les Japonais d'ailleurs. Il ne faut pas oublier que l’Asie représente 67% du déficit commercial des Etats-Unis et sur ce continent, le Japon, la Chine et la Corée du Sud seront les plus affectés par le nationalisme économique de Donald Trump. D’autant plus que Donald Trump a décidé de retirer les Etats-Unis de l’accord de libre-échange transpacifique négocié par Barack Obama.

Le groupe télécom japonais Softbank comprend bien ce danger. Son patron Masayoshi Son a rencontré Donald Trump à New York, en décembre dernier, pour lui promettre qu’il allait investir 50 milliards de dollars aux Etats-Unis et créer 50 000 nouveaux emplois. Softbank est le propriétaire du quatrième opérateur américain de téléphonie mobile Sprint. Et il souhaite acquérir le numéro 3 T Mobile US en pariant que Donald Trump va déréglementer l’industrie américaine. Cette opération de charme du patron de Softbank auprès de Donald Trump n’est pas totalement désintéressée.

Etats-Unis: de plus en plus d’entreprises annoncent des créations d’emplois

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