Philippines

Philippines: mandat d'arrêt contre une sénatrice opposante au président Duterte

La sénatrice Leila de Lima (c) escortée par le personnel de sécurité du Sénat, le 23 février 2017, après le lancement d'un mandat d'arrêt pour trafic de drogue.
La sénatrice Leila de Lima (c) escortée par le personnel de sécurité du Sénat, le 23 février 2017, après le lancement d'un mandat d'arrêt pour trafic de drogue. REUTERS/Romeo Ranoco

Aux Philippines, un mandat d’arrêt a été émis ce jeudi 23 février contre la sénatrice Leila de Lima, une des rares opposantes au président Duterte. L’an dernier, elle dirigeait la commission sénatoriale d’enquête sur la guerre contre la drogue lancée par le président Duterte, qui en huit mois a fait plus de 6 000 morts.

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L’an dernier déjà, lorsque Leila de Lima avait lancé une commission d’enquête sénatoriale sur ces meurtres extra-judiciaires, Rodrigo Duterte avait réussi à obtenir son départ en l’accusant de trafic de drogue. Il avait aussi eu des paroles très menaçantes, lui conseillant de se suicider. Mais Leila de Lima avait continué à faire entendre sa voix.

Mardi, Leila de Lima avait invoqué le souvenir de la révolution du « pouvoir du peuple » qui avait renversé le dictateur Ferdinand Marcos en 1986 pour porter sa charge la plus virulente contre le président Duterte et sa guerre sanglante contre la drogue. « Il n'y a plus aucun doute sur le fait que notre président est un meurtrier et un tueur en série psychopathe », a déclaré la sénatrice à la presse.

Depuis la semaine dernière, les procureurs du ministère de la Justice l’accusent d’avoir mis en place un réseau de trafiquants de drogue lorsqu’elle était ministre de la Justice. Les défenseurs des droits de l’homme dans le pays dénoncent un dossier monté de toutes pièces pour intimider ceux qui voudraient critiquer le président.

Ce jeudi, après avoir appris qu’elle faisait l'objet d'un mandat d’arrêt, Leila de Lima a annoncé en pleurs qu’elle ne résisterait pas à son arrestation, qu’elle voulait juste passer une dernière nuit avec ses proches avant de revenir ce vendredi au Sénat, où elle devrait vraisemblablement être arrêtée.

Cette affaire éclate au moment où une enquête visant le président lui-même progresse, selon le chef de la Commission des droits de l’homme philippine. A en croire le témoignage d'un ancien policier recueilli cette semaine, Rodrigo Duterte aurait dirigé en personne un escadron de la mort à Davao, la ville dont il fut maire pendant une vingtaine d’années. Il aurait aussi commandité le meurtre d'un journaliste.

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