Accéder au contenu principal
Hong Kong

Hong Kong: l’élection de la pro-chinoise Carrie Lam ravit Pékin

La nouvelle chef du gouvernement de Hong Kong, ce 27 mars à Hong Kong.
La nouvelle chef du gouvernement de Hong Kong, ce 27 mars à Hong Kong. REUTERS/Bobby Yip
Texte par : RFI Suivre
2 mn

A Hong Kong, les 1194 membres du comité électoral (largement acquis à la Chine) ont désigné Carrie Lam comme nouvelle dirigeante de l’ancienne colonie britannique. Il s’agissait de la première élection depuis la « révolte des parapluies » en 2014, lorsque des milliers de personnes étaient descendues dans la rue pour réclamer plus de démocratie et des élections au suffrage universel. Le vote a été qualifié de « simulacre de démocratie » par l’opposition, hostile à la mainmise du gouvernement central chinois.

Publicité

Avec notre correspondante à Pékin, Heike Schmidt

Pékin connaissait le résultat du vote avant même l’annonce officielle : le comité électoral comptait encore les voix, lorsque l’agence d’Etat Chine Nouvelle donnait déjà Carrie Lam gagnante, avec trois quarts d’heure d’avance sur les médias hongkongais. S’il fallait encore une preuve à l’opposition démocrate, qui n’avait de cesse de qualifier cette élection de « farce », Chine Nouvelle, la voix de la propagande chinoise, l’a bel et bien fournie.

Ce lundi matin, les médias chinois saluent à l’unisson une élection « ouverte et équitable » et rendent hommage à Carrie Lam : « Elle aime le pays (comprendre : la Chine), elle aime Hong Kong, jouit de la confiance du gouvernement central, elle a fait preuve de sa capacité à gouverner et elle a le soutien du peuple de Hong Kong. »

Le soutien du peuple de Hong Kong ? Rien n’est moins sûr. Car Carrie Lam est certes la grande favorite de Pékin, mais selon les sondages, son rival John Tsang était nettement plus apprécié du public.

« Elle devra en permanence en référer à Pékin »

Pour Willy Lam, professeur à l'Université chinoise de Hong Kong, cette élection aura du mal à répondre aux attentes de la population qui réclame plus d'ouverture. « Cette élection par un comité électoral très restreint montre clairement que Pékin contrôle de près la sphère politique de Hong Kong, explique-t-il. Car au cours des deux mois qui ont précédé l’élection, les officiels de Pékin ont exercé des pressions très importantes en faveur de Carrie Lam. Donc on pouvait s’attendre à sa victoire.

Quoi qu’il en soit, le travail de chef de l’exécutif est très difficile. Elle devra en permanence en référer à Pékin, mais elle aura aussi une responsabilité vis-à-vis des citoyens de Hong Kong. Donc il y a maintenant beaucoup d’attentes pour que dès que Carrie Lam entame son mandat le 1er juillet, elle réponde à la demande du peuple de Hong Kong pour davantage de démocratie réelle, pour des élections au suffrage universel.

Elle a besoin de tendre la main à l’opposition et il y a pour l’instant de sérieux doutes quant à sa capacité à faire cela. Car elle est tenue par Pékin de par sa fonction. Sa première priorité sera de suivre les instructions et les ordres de Pékin. Donc il y a des craintes que les contradictions dans la société de Hong Kong continuent de s’exacerber. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.