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Philippines

Philippines: reprise des négociations de paix avec la guérilla communiste

L'arrivée au pouvoir il y a huit mois de Rodrigo Duterte, qui a lié quelques amitiés avec des leaders communistes, a ranimé les espoirs de paix.
L'arrivée au pouvoir il y a huit mois de Rodrigo Duterte, qui a lié quelques amitiés avec des leaders communistes, a ranimé les espoirs de paix. Reuters
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Aux Philippines, le gouvernement du président Rodrigo Duterte va reprendre les négociations de paix avec les communistes pour tenter de mettre fin à l'une des plus anciennes et des plus meurtrières guérillas de la région. En quarante ans, les combattants de la Nouvelle Armée du Peuple (NPA) ont fait plus de 40 000 morts. Le NPA reste considéré comme un groupe terroriste par les Etats-Unis. L'arrivée au pouvoir, il y a huit mois, de Rodrigo Duterte, qui a lié quelques amitiés avec des leaders communistes, a ranimé les espoirs de paix. Le processus semble ressusciter avec l'instauration d'un cessez-le-feu et la libération d'anciens opposants politiques, un geste inédit de la part du gouvernement philippin.

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Avec notre correspondante à Manille, Marianne Dardard

Après quarante ans de conflit et plus de 40 000 morts, la guérilla entre l'insurrection communiste et l'armée sévit toujours aux Philippines. Pour cause, dans un pays où plus de huit millions de personnes vivent avec moins de deux dollars par jour, l'idéal révolutionnaire trouve un écho chez une partie des Philippins. C'est d’ailleurs sur le terrain de la misère que le discours communiste prospère. La pauvreté continue en effet de toucher de nombreux Philippins, malgré une croissance économique impressionnante depuis la sortie de la dictature, il y a trente ans.

L'autre explication à la pérennité de ce conflit est l'affrontement sanglant entre l'armée nationale philippine et les rangs de la Nouvelle armée du peuple, la branche armée du parti communiste. Les communistes sont accusés d’enlèvements meurtriers, mais aussi de soutirer de l'argent via l'impôt révolutionnaire. De leur côté, les militaires sont accusés d'abuser de leur pouvoir, avec la disparition mystérieuse de plusieurs opposants politiques.

Les négociations à un tournant

Depuis l'arrivée au pouvoir de Rodrigo Duterte, il y a huit mois, les négociations de paix ont officiellement repris, avec des gestes inédits comme la nomination de communistes au sein du gouvernement et la libération de plusieurs responsables communistes considérés comme des prisonniers politiques. Par le passé, il y a déjà eu des négociations mais jamais aucun gouvernement n'avait accepté de libérer ces chefs politiques.

Trois séries de pourparlers ont déjà eu lieu à Oslo, en Norvège. Le quatrième s’ouvrira le lundi 3 avril dans un climat de méfiance néanmoins, en l'absence de cessez-le pour le moment. Car depuis la mort de plusieurs soldats dans une embuscade attribuée aux communistes, Rodrigo Duterte a suspendu du jour au lendemain le cessez-le-feu. Le mois dernier, l’armée gouvernementale a même déclaré une guerre totale contre la Nouvelle armée du peuple.

Hier, le président philippin évoquait une possible amnistie des communistes encore détenus sous certaines conditions. Une manière d'amadouer l'autre partie.
Beaucoup pensent aux Philippines que plus l’attente sera longue avant de reprendre les discussions, moins la paix a de chances d'aboutir. Les communistes espèrent obtenir une redistribution de terres rurales, ce qui est très loin d’être acquis. L'objectif affiché malgré tout est de parvenir à un accord de paix d'ici la fin de l'année.

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