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Chine

La Chine veut réunir le monde autour de nouvelles routes de la soie

Ce projet tentaculaire tient particulièrement à coeur au président chinois Xi Jinping.
Ce projet tentaculaire tient particulièrement à coeur au président chinois Xi Jinping. REUTERS/Bogdan Cristel
Texte par : RFI Suivre
5 mn

C’est sous le slogan « One belt, one road » (« une ceinture, une route ») que la Chine veut promouvoir son vaste projet de faire ressusciter l’antique Route de la soie afin de relancer le moteur économique mondial en reliant la Chine à l'Asie, l'Europe et l'Afrique via de nouvelles infrastructures. Dimanche et lundi, le président chinois Xi Jinping réunira 28 chefs d’Etat et de gouvernement à Pékin pour vanter les bénéfices de cette initiative regroupant plus 65 pays, qui produisent ensemble un tiers du PIB mondial.

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Avec notre correspondante à Pékin, Heike Schmidt

Il y a 2 000 ans, l’Empire du Milieu se servait de la Route de la soie pour acheminer ses produits vers l’Europe, à dos de chameau. Aujourd’hui, la renaissance de cette route doit permettre à Pékin de s’imposer comme la première puissance mondiale, affirme Tom Miller, auteur du livre « Le rêve asiatique de la Chine ». « C’est un grand tournant qui s’est opéré sous la présidence de Xi Jinping. Aujourd’hui, la Chine veut jouer un rôle actif sur la scène internationale. La Chine est bien là et elle tente de mener la danse », explique-t-il.

La propagande fait croire que les routes, les voies ferrées et les ports financés à coup de milliards d’euros seront bénéfiques pour tous. En réalité, c’est surtout la Chine qui en profitera affirme Tom Miller : « La Chine veut être le moteur de la croissance mondiale et un leader économique en Asie. La Chine croit que si elle aide les autres pays à se développer, ces pays dépendront davantage de la Chine. Ça doit lui permettre de gagner en influence ! »

Pékin y voit aussi une solution miracle pour sa propre économie. « La croissance chinoise ralentit, et la Chine cherche de nouveaux marchés, de nouvelles opportunités à l’étranger, affirme Tom Miller. Un exemple : la Chine produit beaucoup trop d’acier. Donc, si elle peut l’exporter, cela l’aidera à réduire sa surproduction. »

La Chine veut sécuriser son approvisionnement en matières premières

Avec ce sommet, le président de la deuxième économie mondiale Xi Jinping devrait se saisir de l'occasion pour apparaître une nouvelle fois comme le grand défenseur du libre-échange et de la mondialisation, au moment où l'Amérique de Donald Trump semble vouloir engager un tournant protectionniste. La version 2017 de la Route de la soie, qui se double d'une « route » maritime, consiste en une série d'investissements dans des projets ferroviaires, autoroutiers, portuaires ou énergétiques, avec à la clé la création de parcs industriels ou de zones franches en Asie, en Europe centrale et au Moyen-Orient.

A travers cette initiative, qui regroupe 65 pays représentant 60% de la population et environ le tiers du PIB mondial, le géant asiatique cherche à sécuriser son approvisionnement de matières premières ainsi que l'acheminement de ses produits vers ses principaux marchés, particulièrement l'Europe.


■ Moscou déçue des retombées de ce grand projet pour l'économie russe

Le 8 mai 2015 Xi Jinping et Vladimir Poutine ont discuté des relations possibles entre le projet chinois et l'Union eurasiatique, rapporte notre correspondante à Moscou Muriel Pomponne. Moscou espérait que les Chinois investiraient massivement dans les infrastructures russes. On parlait déjà d'un financement chinois pour la ligne de train rapide entre Kazan et Moscou.

Mais peu après, la Chine a été touchée par un krach boursier qui a douché les enthousiasmes. Ce n'est donc pas la Russie qui va bénéficier de la nouvelle Route de la soie. Quant à l'Asie Centrale, elle est de toute façon une des priorités de Pékin, avec ou sans ceinture de la soie, car la région est un important fournisseur en hydrocarbure et en produits agricoles de la Chine.

C'est donc sans illusion que Vladimir Poutine se rend à Pékin. Mais il se devait de remercier Xi Jinping, qui ne l'a pas laissé tomber lorsque les Etats-Unis et l'Union européenne ont imposé des sanctions à la Russie. Ainsi, malgré le risque lié aux sanctions américaines, les banques chinoises ont aidé certaines entreprises stratégiques russes, comme Novatek ou Sibour, qui de surcroit appartiennent à des amis de Vladimir Poutine.

→ Analyse d'Alexandre Gabouiev, expert au centre Carnegie de Moscou

« En Russie , il y a actuellement une certaine déception en ce qui concerne la Ceinture de la soie. En mai 2015, quand Poutine et Xi Jinping ont cherché à relier la Ceinture de la soie et l'Union économique eurasiatique, la Russie s'attendait à ce que la Chine lui octroie des crédits avantageux, et investisse pour toutes sortes de projets de transports. Mais ce n'est pas le cas, parce que la situation économique en Chine n'est pas des plus simples. Les banques ont beaucoup de mauvaises dettes, trop d'infrastructures inutiles, qui ne sont pas rentables, et la Chine n'est pas prête à investir dans les infrastructures à l'étranger, y compris en Russie et en Asie Centrale. Donc sur ce plan la Russie est un peu déçue, que l'acces à la Ceinture de la soie ne veut pas dire accès à l'investissement et à l'argent peu cher. »

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