Afghanistan

Afghanistan: MSF de retour à Kunduz, 2 ans après le bombardement de son hôpital

Des membres de MSF devant l'entrée de l'hôpital bombardé par l'armée américaine le 2 octobre 2015.
Des membres de MSF devant l'entrée de l'hôpital bombardé par l'armée américaine le 2 octobre 2015. AFP PHOTO / Nasir WAQIF
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Médecins sans frontières est de retour à Kunduz dans le nord de l'Afghanistan. MSF avait quitté la province en octobre 2015 après le bombardement meurtrier de son hôpital. L’ONG a décidé d'ouvrir une clinique dans le centre-ville. Un retour symbolique.

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Avec notre correspondante à Kaboul, Sonia Ghezali

Les patients seront accueillis sept jours sur sept, mais uniquement la journée. La clinique gérée par MSF qui a ouvert à Kunduz restera fermée la nuit. Composé d’un médecin et de cinq infirmières, le personnel traitera essentiellement les petites blessures et brûlures. « Nous devons procéder pas à pas et cette clinique est la première étape », a précisé Silvia Dallatomasina, responsable des programmes de MSF en Afghanistan.

« La clinique va permettre de traiter des patients essentiellement atteints de petites blessures ou de brûlures. Ce n'est pas un hôpital. La clinique va surtout permettre un suivi, et un traitement de patients qui sont en attente de soins : cela va permettre de soulager le poids qui pèse sur l'hôpital de Kunduz qui, pour le moment, doit se concentrer sur les cas les plus graves. L'ouverture de cette clinique est symbolique, il n'y aura pas d'hospitalisation, car elle n'en a pas les moyens. Nous avançons étape par étape pour faire bouger les choses. A termes, nous aimerions rouvrir un nouvel hôpital courant 2018 », a expliqué à RFI Silvia Dallatomasina.

L'organisation présente en Afghanistan depuis les années 1980 prévoit donc l'ouverture d'un hôpital à Kunduz courant 2018. Des accords avec les différentes parties engagées dans le conflit sont en cours de finalisation, explique MSF qui réclame toujours une enquête indépendante près de deux ans après le bombardement par l'aviation américaine de son hôpital de traumatologie le 3 octobre 2015. Quarante-deux patients et membres du personnel ont été tués cette nuit-là.

Après enquête, le Pentagone avait conclu à une série d'erreurs humaines, reconnaissant que des règles n'avaient pas été respectées, mais rejetant l'accusation de crime de guerre. MSF avait pourtant communiqué les coordonnées GPS de son établissement à la coalition internationale, ainsi qu'aux forces armées afghanes et aux talibans.

Cette bavure de l'aviation américaine, la seule à mener des frappes aériennes au sein de la coalition sous la bannière de l'Otan, a été suivie d'autres. Hier encore, 16 policiers afghans ont été tués dans des frappes de la coalition alors qu'ils venaient de vaincre des talibans dans un village situé dans le Helmand dans le sud du pays.

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