Afghanistan / Talibans

Afghanistan: envoi de renforts dans le nord après le massacre de civils chiites

L'armée afghane a affirmé avoir dépêché mardi des renforts de troupes et des commandos des forces spéciales vers la province de Sare-Pul, mais les autorités locales démentent avoir vu la moindre contre-offensive (photo d'illustration).
L'armée afghane a affirmé avoir dépêché mardi des renforts de troupes et des commandos des forces spéciales vers la province de Sare-Pul, mais les autorités locales démentent avoir vu la moindre contre-offensive (photo d'illustration). © Chuck Liddy/Raleigh News & Observer/MCT via Getty Images

L'armée afghane a déployé des renforts et des commandos des forces spéciales dans le nord de l'Afghanistan dans la province de Sare-Pul. L'un de ses districts est tombé sous le contrôle des talibans ce week-end après 48h de combats intenses. Les autorités locales affirment que les insurgés islamistes ont agi en collaboration avec des combattants de l'organisation Etat islamique. Plus d'une centaine de familles ont été prises en otages selon les autorités locales. 235 personnes ont été libérées, ont-elles annoncé mardi soir.

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Avec notre correspondante à Kaboul,  Sonia Ghezali

« La zone est coupée du monde », indiquent les autorités locales. Le district de Sayad où se trouve le village chiite de Mirza Olong a subi une offensive coordonnée des talibans associés à des combattants du groupe Etat islamique samedi soir.

L'attaque a duré 48h. Le porte-parole des talibans nie cependant toute coopération avec le groupe Etat islamique. Mais des responsables locaux disent n’avoir aucun doute sur les auteurs du massacre perpétré dans le village de Mirza Olong.

Des dizaines de villageois ont été tués par balle, décapités, forcés à se jeter du haut de falaises. De nombreux civils figurent parmi les victimes, dont des femmes et des enfants. 150 familles ont été enlevées selon les autorités qui ont annoncé la libération de 200 otages mardi soir. Des civils en état de choc.

L'armée a de son côté annoncé l'envoi de renforts sur place ainsi que des commandos des forces spéciales, ce que réfutent les autorités locales. Une centaine de personnes se trouvent toujours dans le village indiquent des sources sécuritaires, des villageois pris au piège.

Sur les réseaux sociaux, la communauté hazara qui appartient à la minorité chiite du pays exprime sa colère. Stop au génocide des Hazaras, écrivent des internautes. Ils reprochent au gouvernement de ne pas avoir agi plus tôt pour empêcher le massacre qui a été commis.

Relire : Les Hazaras, minorité chiite afghane, cible des talibans et de l'EI

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