Birmanie

Birmanie: les civils rohingyas pris dans les combats entre armée et rebelles

Des femmes Rohingyas à Sittwe, en Birmanie. Cette minorité musulmane compte 800 000 membres en Birmanie.
Des femmes Rohingyas à Sittwe, en Birmanie. Cette minorité musulmane compte 800 000 membres en Birmanie. REUTERS/Soe Zeya Tun

L’Etat Rakhine, dans l’ouest de la Birmanie, connaît un nouveau cycle de violence, après une série d’attaques lancées vendredi par des rebelles rohingyas contre des postes de police birmans. Au moins 92 personnes ont été tuées dans les affrontements. La crainte est que cette situation ne provoque une nouvelle vague de représailles des militaires birmans contre les civils rohingyas.

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Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

L’Etat Rakhine connaît une nouvelle flambée de violence qui commence à prendre des allures de petite guerre civile. Des rebelles rohingyas, entrainés et bénéficiant de soutiens financiers de l’étranger, s’en sont pris aux forces de sécurité birmanes. Celles-ci contre-attaquent en traquant les rebelles, mais aussi en s’en prenant aux civils rohingyas qui fuient les combats.

Il y a quelques jours, l’ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan remettait un rapport à la chef de la diplomatie birmane Aung San Suu Kyi. Il y recommandait de donner une plus grande liberté de mouvement aux civils rohingyas et de fermer les camps de déplacés où vivent 120 000 personnes depuis 2012.

Cycle de violences

Face aux violences de ces derniers jours, il est improbable qu’Aung San Suu Kyi y donne suite dans l’immédiat, d’autant que ce sont les militaires birmans qui ont le dernier mot sur le « dossier Rakhine ».

Les derniers affrontements risquent fortement de relancer un cycle de violences et d'atteintes aux droits de l’homme, y compris des viols collectifs et des exécutions, comme la région en avait connu en octobre dernier après des premières attaques de rebelles. Les tirs de mortiers, samedi, contre des groupes, comprenant des femmes et des enfants, tentant de traverser le frontière entre la Birmanie et le Bangladesh en sont un premier signe.

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