Inde

Une journaliste critique du nationalisme hindou assassinée à Bangalore

Des journalistes et des défenseurs de la liberté de la presse manifestent après la mort de Gauri Lankesh, à Bangalore, le 6 septembre 2017.
Des journalistes et des défenseurs de la liberté de la presse manifestent après la mort de Gauri Lankesh, à Bangalore, le 6 septembre 2017. REUTERS/Amit Dave NO RESALES

La journaliste indienne Gauri Lankesh, très critique du gouvernement Modi, a été assassinée mardi sur le palier de sa porte à Bangalore dans le sud du pays. Elle a été tuée par balles par des assaillants à moto qui ont pris la fuite. En Inde, le climat de défiance grandit à l’encontre des journalistes critiques du nationalisme hindou.

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Rédactrice en chef et créatrice d’un hebdomadaire local indépendant, Gauri Lankesh s’est souvent opposée à l’extrémisme hindou, au système des castes, à la violence faite aux femmes en Inde. Elle ne se laissait pas intimider par le BJP, le parti au pouvoir, ce qui est de plus en plus rare selon Daniel Bastard, responsable à Reporters sans frontières. L’ONG condamne fermement ce crime très violent qui prive la presse d’une critique fervente.

Quand en novembre dernier Gauri Lankesha, poursuivie pour diffamation à l’encontre de deux leaders du parti nationaliste, avait été condamnée en première instance à six mois de prison, le responsable de la communication du BJP avait twitté : « J’espère que les autres journalistes en prendront note. » Sur les réseaux sociaux, la journaliste de 55 ans avait reçu des menaces physiques.

Inquiétude

Gauri Lankesh avait souvent exprimé son inquiétude pour la liberté d’expression dans son pays. Le quatrième pouvoir en Inde a en effet été endeuillé à plusieurs reprises ces dernières années.

En juin 2015, c'est le journaliste Jagendra Singh, critique à l’égard d’un ministre, qui avait succombé a ses blessures. Il avait accusé la police venue perquisitionner à son domicile d'en être responsable. La même année un correspondant était retrouvé mort alors qu’il enquêtait sur la mafia locale.

Selon les associations de défense de la presse, 25 journalistes ont été tués en Inde depuis 2010. Le pays est au 136e rang au classement mondial de la liberté de la presse.

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