Corée du Nord/ONU

Assemblée générale de l’ONU: la crise nord-coréenne domine les débats

Le numéro un nord-coréen Kim Jong-un, lors du lancement d'un missile Hwasong-12 le 16 septembre 2017.
Le numéro un nord-coréen Kim Jong-un, lors du lancement d'un missile Hwasong-12 le 16 septembre 2017. KCNA via REUTERS
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Après sa diatribe contre le pays communiste mardi dernier 19 septembre à la tribune de l’ONU, Donald Trump a annoncé ce jeudi de nouvelles sanctions. Elles visent les secteurs du textile, de la pêche, des technologies de l'information et de l'industrie manufacturière. Des mesures censées faire renoncer le pays à ses programmes nucléaire et balistique. Du coup, la crise nord-coréenne a aussi dominé les débats et les réunions ce jeudi à l’ONU.

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Quelle est la meilleure méthode pour faire pression sur la Corée du Nord ? Cette question divise toujours les protagonistes de la crise, les Etats-Unis d’un côté et de l’autre côté les proches du régime de Pyongyang, la chine et la Russie, rapportenotre envoyé spécial à New York, Achim Lippold.

Alors que Washington a adopté une rhétorique musclée, Moscou met en garde contre toute « hystérie militaire » : « La spirale de la confrontation autour de la Corée du Nord se développe d'une façon dangereuse. Nous condamnons résolument l’aventurisme militaro-nucléaire de Pyongyang qui viole les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. Mais l'escalade de l'hystérie militaire mène non seulement à l'impasse mais aussi à la catastrophe. Toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU doivent être mises en œuvre, c’est indiscutable. Toutefois, toutes ces résolutions comportent, en plus des sanctions, des clauses portant sur la nécessité du retour au dialogue. Nous appelons à cesser de bloquer ces clauses. Il n’existe pas d’alternative au règlement du problème nucléaire coréen hors des moyens diplomatiques et politiques, fondés sur un dialogue avec toutes les parties intéressées. Nous appelons les membres de la communauté internationale responsables à soutenir la feuille de route russo-chinoise, énoncée dans la déclaration conjointe des ministères des Affaires étrangères russes et chinois, le 4 juillet. »

Des propos prononcés jeudi 21 septembre par le ministre des Affaires étrangères russe à la tribune de l’ONU, une allusion au président américain qui avait menacé de la même tribune, mardi dernier, de détruire la Corée du Nord.

Prudent également, le président sud-coréen qui joué sur l’apaisement. « Nous ne voulons pas l’effondrement de la Corée du Nord », a déclaré Moon Jae-in. Mais il a aussi appelé la communauté internationale à renforcer les sanctions, si Pyongyang poursuit ses provocations.

Washington impose de nouvelles sanctions

Ce n’était sûrement pas un hasard qu’une heure après ce discours, le président américain a effectivement annoncé de nouvelles mesures contre le régime nord-coréen. Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a donné le détail de ces nouvelles mesures. « Ce nouveau décret va autoriser le Trésor à imposer une série de sanctions comme interdire l'accès aux comptes bancaires américains à toute banque étrangère qui conduit ou facilite des transactions commerciales avec la Corée du Nord. Les institutions financières étrangères sont maintenues prévenues : elles doivent choisir entre faire des affaires avec les Etats Unis ou avec  la Corée du Nord, mais pas avec les deux. Ce nouveau décret autorise le Trésor à geler les avoirs de toute personne qui commerce avec la Corée du Nord, qu'il s'agisse de biens, de services ou de technologie. Cela nous autorise aussi à geler les avoirs de ceux qui font des affaires dans les domaines de la pêche, du textile, de la technologie de l'information et de l'industrie. Il est temps que toutes les nations s'unissent pour isoler le régime de Kim Jong-un, et ce jusqu'à ce qu'il mette un terme à ce comportement hostile. »

L’objectif selon Donald Trump est ainsi de cibler les individus, les entreprises et les banques qui font des affaires avec la Corée du Nord. Cette décision du président montre en tout cas que malgré ses menaces militaires, il préfère pour l’instant donner du temps à la diplomatie.

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