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Pakistan / Terrorisme

Une fatwa pakistanaise condamne les attentats suicides

Des enquêteurs collectent des preuves après un attentat suicide dans une église méthodiste de Quetta le 18 décembre 2017.
Des enquêteurs collectent des preuves après un attentat suicide dans une église méthodiste de Quetta le 18 décembre 2017. BANARAS KHAN / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Au Pakistan, une fatwa condamnant les attentats suicides a été signée par 1 800 dignitaires musulmans pakistanais. Le gouvernement pakistanais est fréquemment accusé de ne pas s'atteler avec suffisamment d'entrain au démantèlement des cellules islamistes. Ce n’est pas la première fois qu’une telle fatwa est prononcée, mais c’est la première qu’autant de dignitaires la signent.

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Plus de 1 800 dignitaires musulmans pakistanais ont signé une fatwa condamnant les attentats suicides dont le contenu devait être officialisé ce mardi 16 janvier par le gouvernement. Le Pakistan est fréquemment accusé de ne pas s'atteler avec suffisamment d'entrain au démantèlement des cellules islamistes. Une accusation notamment réitérée par Washington ces dernières semaines qui a annoncé mettre fin à l’aide financière au Pakistan. Faut-il voir un lien entre cette fatwa et les tensions entre Washington et Islamabad ?

« Je ne crois pas qu’on puisse les lier, tempère Jean-Luc Racine, directeur de recherche émérite au CNRS, au Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud de l’EHESS et chercheur à Asia Centre à Paris au micro de RFI. D’une certaine façon c’est un bon signal à envoyer à Washington. Mais cette chose n’a pas été mise en place, comme ça, du jour au lendemain. Cela fait plusieurs mois que l’université islamique internationale d’Islamabad travaille sur ces questions ».

« Depuis mi-2017, un institut au sein de cette université, qui est une université voulue par l’Etat pakistanais, travaille sur ces questions. Donc, disons que ça peut bien tomber dans le contexte des relations bilatérales extrêmement difficiles aujourd’hui entre le Pakistan et les Etats-Unis. Mais ce n’est qu’un élément second, me semble-t-il, par rapport à la volonté gouvernementale d’essayer, au moins, d’envoyer des signaux », poursuit Jean-Luc Racine.

«Une base solide à la stabilité d'une société islamique modérée»

Affirmant vouloir lutter contre le terrorisme, qui a fait des dizaines de milliers de victimes au Pakistan depuis le début des années 2000, ces dignitaires ont décrété que les attentats suicides étaient illicites, les qualifiant de « haram ». « Cette fatwa fournit une base solide à la stabilité d'une société islamique modérée », a commenté le président pakistanais dans l'ouvrage qui accompagne le texte.

« Ce qui est remarquable, en quelque sorte, c’est le nombre de signataires. Mais pour le reste ce n’est pas la première fois que ce genre de fatwa est publié par des légistes. Ça remonte à presque une dizaine d’années pour les premières fois. Et évidemment, cela s’inscrit dans la volonté gouvernementale d’essayer de mobiliser, de lutter contre l’islamisme par l’islam, explique Jean-Luc Racine. C’est-à-dire de décrédibiliser l’idéologie qui met en avant tous les moyens violents possibles pour changer la société et épanouir un Etat islamique, alors que ce type de fatwa souligne que, précisément, seules les autorités juridiques musulmanes religieuses sont à même de décider ce qui peut faire l’objet du jihad ».

Le gouvernement pakistanais est fréquemment accusé de ne pas s'atteler avec suffisamment d'entrain au démantèlement des cellules islamistes responsables de la violence et de vouloir ménager les plus radicaux, ce qu'il réfute.

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