Pakistan

Pakistan: destitution du chef de la diplomatie à l'approche des élections

Le ministre des Affaires étrangères Khawaja Asif à Pékin, le 23 avril 2018.
Le ministre des Affaires étrangères Khawaja Asif à Pékin, le 23 avril 2018. Madoka Ikegami/Pool via Reuters

C'est la fin d'un long feuilleton judiciaire au Pakistan et peut être le début d'une nouvelle crise politique. Le ministre des Affaires étrangères Khawaja Asif a été destitué par la justice ce jeudi 26 avril. Un coup dur pour le parti au pouvoir.

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Avec notre correspondante à Islamabad, Solène Fioriti

Le timing pouvait difficilement être plus mauvais. A moins de trois mois des législatives, la Haute Cour d'Islamabad vient de révoquer Khawaja Asif de ses fonctions. Le motif : le ministre disposait d'un visa de travail dans un pays étranger, en l'occurrence les Emirats arabes unis. La loi l'interdisant, il a donc dû abandonner son portefeuille.

Le parti au pouvoir crie au procès truqué. Car Khawaja Asif n'est pas le premier membre du gouvernement à être invalidé par la justice. En juillet dernier, le Premier ministre Nawaz Sharif avait été démis pour corruption. Plus récemment, la Cour suprême l'a banni à vie de tout scrutin.

Les autorités dénoncent à demi-mot l'implication de la très puissante armée. « Tout le monde sait qui a fait cela », a affirmé jeudi Nawaz Sharif.

Le Pakistan, en 70 ans d'histoire, a été presque pour moitié dirigé par des généraux et les coups d'Etat ont rythmé sa vie politique. Dans quelques mois, le pays connaîtra pour la première fois deux élections démocratiques consécutives.

La Ligue musulmane pakistanaise, forte de la construction de nombreuses infrastructures dans le pays, partait favorite. Mais l'impact de ces destitutions pourrait inverser la tendance.

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