Pakistan

[Reportage] Pakistan: dernier prêche du vendredi avant les législatives

Affiches électorales pour les législatives, à Karachi, le 27 juin 2018.
Affiches électorales pour les législatives, à Karachi, le 27 juin 2018. REUTERS/Akhtar Soomro

Le Pakistan est à cinq jours des élections législatives. Tout devrait se jouer entre les dirigeants des deux principaux partis, le PML-N ( Ligue musulmane du Pakistan) de l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif, emprisonné pour des allégations de corruption, et le PTI, le Pakistan Tehreek-e-Insaf, de l'ancienne star de cricket Imran Khan. Ce dernier prépare déjà le terrain pour d'éventuelles alliances avec d'autres partis, dont certains islamiques. Si politique et religion sont dissociées au Pakistan, certains électeurs ne cachent pas tenir compte du facteur religieux dans leur choix électoral.

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Avec notre envoyée spéciale à Lahore,  Sonia Ghezali

Les sandales s'accumulent à l'entrée d'une petite mosquée aux murs blancs du quartier Faisal Town. Le prêche a duré une demi-heure, sans un mot au sujet des élections. Mais dans l'Assemblée le sujet est dans tous les esprits.

Fazil Igreen a 75 ans, et le passé sulfureux d'Imran Khan, l'ancien joueur de cricket le choque malgré les bonnes actions du chef du PTI.

« Même s'il a construit un hôpital pour traiter le cancer, même s'il a sûrement réalisé beaucoup de bonnes  actions, le fait qu'il ait eu une vie dissolue, ma femme et moi le détestons. Je veux qu’il y ait une culture islamique dans mon pays, et je vais voter pour un parti islamique, le MMA », affirme-t-il.

Abdul Hafiz Wahab pense tout le contraire : « Imran Khan peut bien représenter les musulmans de ce pays, il est un bon musulman, ce n’est pas un voleur, c'est un bon leader, et il est honnête. »

Aucune affaire de corruption n'éclabousse en effet l'ancien joueur de cricket contrairement à son principal adversaire, Nawaz Sharif, l'ancien Premier ministre destitué après des accusations de corruption et qui se trouve actuellement en prison.

C'est pourtant pour Nawaz Sharif que Zafriq Bal compte voter. « La religion a son importance quand il s’agit de voter, c'est vrai, mais la religion doit rester une affaire personnelle », estime-t-il.

A la fin de la prière, personne ne s'attarde à la mosquée. Chacun rentre chez soi.

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