Pakistan

Législatives au Pakistan: la campagne bat son plein malgré un nouvel attentat

Des secouristes transportent le corps d'Ikramullah Gandapur, candidat du PTI (Tehreek-e-Insaf, «Mouvement pour la justice au Pakistan») aux élections législatives, tué dans un attentat dimanche 22 juillet 2018.
Des secouristes transportent le corps d'Ikramullah Gandapur, candidat du PTI (Tehreek-e-Insaf, «Mouvement pour la justice au Pakistan») aux élections législatives, tué dans un attentat dimanche 22 juillet 2018. REUTERS

Au Pakistan, Ikramullah Gandapur, candidat du PTI aux élections législatives, a succombé à ses blessures après qu'un kamikaze s’est fait exploser près de son véhicule dans le nord-ouest du pays ce dimanche 22 juillet. Les talibans pakistanais (TTP) ont revendiqué l'attaque dans un message adressé aux médias. Malgré la consternation provoquée par ce nouvel attentat, la campagne électorale continue de battre son plein à trois jours du scrutin.

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Avec notre envoyée spéciale à Lahore, Sonia Ghezali

Yasmin Raashid a les traits tirés. A 18h, elle s’octroie la première pause de sa journée passée à faire du porte-à-porte dans l’arrondissement de Lahore où elle défend les couleurs du PTI. Assise à son bureau, elle accuse le coup après la mort de son collègue.

Ikramullah Gandapur a succombé à ses blessures dans un hôpital militaire après qu'un kamikaze s'est fait exploser près de son véhicule ce matin. Son chauffeur a également été tué et cinq autres personnes ont été blessées. Le candidat concourait pour le Mouvement pour la justice d'Imran Khan dans la circonscription de Khyber Pakhtunkhwa, une province du nord-ouest du pays, frontalière avec l'Afghanistan. Cette attaque est la quatrième du genre au cours des deux dernières semaines.

« C’est terriblement triste, mais je pense que nous sommes en train de vivre les pires moments. Récemment, un candidat du Parti national Awami a été tué. Après, Haroon Bilour a été tué à Peshawar, rappelle Yasmin Raashid. Tout cela montre que les talibans cherchent des cibles faciles, pour la raison simple qui est que lorsque l’on est en campagne, on peut difficilement assurer notre sécurité. On se déplace en permanence, on va parler aux gens, et ils profitent de la situation. ».

La quinquagénaire confie ne pas avoir mis en place de mesure particulière de sécurité : « Même si j’y pensais, comment arrêter un kamikaze ? Je laisse donc cela à Dieu, en espérant le meilleur ».

Les attaques contre les meetings et les personnalités politiques se sont multipliées ces dernières semaines en pleine campagne électorale. Pourtant, le Pakistan avait enregistré une baisse de 70 % du nombre de personnes tuées dans des violences au cours de ces deux dernières années.

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