Pakistan

Législatives au Pakistan: à Peshawar, les femmes s’arment de courage pour voter

A Peshawar, les femmes se préparent à participer aux élections législatives du 25 juillet 2018.
A Peshawar, les femmes se préparent à participer aux élections législatives du 25 juillet 2018. REUTERS/Fayaz Aziz

A Peshawar, la ville capitale de la province du Khyber Khyber Pakhtunkhwa, bastion du parti d'Imran Khan, les femmes pakistanaises se préparent à aller voter ce mercredi 25 juillet. Une preuve de courage dans une région dominée par l'ethnie pachtoune, où le conservatisme religieux et la culture patriarcale sont des freins à l'émancipation.

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Avec notre correspondante à Peshawar, Solène Fioriti

Dans le Bord Bazar, en banlieue nord de Peshawar, les femmes de toute la région s'approvisionnent en sucre. Tandis que les drapeaux des différents partis politiques sont plantés devant les échoppes, les silhouettes en burqa couleur sable se refusent à commenter les élections.

Ce n'est pas le cas de Gulbear, 18 ans, les yeux cerclés dans un niqab : « La vérité, c'est que beaucoup de femmes au foyer veulent aller voter, mais leurs maris les en empêchent. Il le faut pourtant, car nos femmes ont un rôle à jouer très important dans le nouveau Pakistan. »

Lors des dernières élections de 2013, deux districts n'ont enregistré aucun vote féminin dans cette province du

Avec notre correspondante à Peshawar, Solène Fioriti

Dans le Bord Bazar, en banlieue nord de Peshawar, les femmes de toute la région s'approvisionnent en sucre. Tandis que les drapeaux des différents partis politiques sont plantés devant les échoppes, les silhouettes en burqa couleur sable se refusent à commenter les élections.

Ce n'est pas le cas de Gulbear, 18 ans, les yeux cerclés dans un niqab : « La vérité, c'est que beaucoup de femmes au foyer veulent aller voter, mais leur mari les en empêche. Il le faut pourtant, car nos femmes ont un rôle à jouer très important dans le nouveau Pakistan. »

Lors des dernières élections de 2013, deux districts n'ont enregistré aucun vote féminin dans cette province du Khyber Pakhtunkhwa. Et cinq femmes ont été agressées par des hommes dans des bureaux de vote. Mais les choses devraient changer cette année : plusieurs bureaux ont été équipés de caméras de surveillance, et depuis 2017, une loi les oblige à réunir au minimum 10 % de votes féminins. Sans cette proportion, le scrutin local peut être annulé.

Reste donc aux candidats à convaincre leurs électeurs d'autoriser leurs femmes à voter. « Moi je mobilise mes électeurs pour qu'ils autorisent leurs femmes à voter, et les électrices sont mobilisées par nos militantes. Je dis à mes électeurs : 'si les bonnes personnes restent assises à la maison, alors les mauvaises personnes les dirigeront' », explique Kamran Bangash, candidat pour le parti d'Imran Khan.

Sur les sept femmes candidates de Peshawar, aucune n'appartient à son parti. Et cinq femmes ont été agressées par des hommes dans des bureaux de vote. Mais les choses devraient changer cette année : plusieurs bureaux ont été équipés de caméras de surveillance, et depuis 2017, une loi les oblige à réunir au minimum 10 % de votes féminins. Sans cette proportion, le scrutin local peut être annulé.

Reste donc aux candidats à convaincre leurs électeurs d'autoriser leurs femmes à voter. « Moi, je mobilise mes électeurs pour qu'ils autorisent leur femmes à voter, et les électrices sont mobilisées par nos militantes. Je dis à mes électeurs : 'si les bonnes personnes restent assises à la maison, alors les mauvaises personnes les dirigeront' », explique Kamran Bangash, candidat pour le parti d'Imran Khan.

Sur les sept femmes candidates de Peshawar, aucune n'appartient à son parti.

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