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Inde

Inde: mort d’Atal Bihari Vajpayee, ancien Premier ministre et mentor de Modi

Atal Bihari Vajpayee, ici en 2004.
Atal Bihari Vajpayee, ici en 2004. REUTERS

Co-fondateur du parti nationaliste hindou au pouvoir aujourd’hui à New Delhi, l’ancien Premier ministre Atal Bihari Vajpayee a présidé à trois reprises aux destinées de l’Inde. Mentor du chef du gouvernement actuel Narendra Modi, il aura les honneurs des funérailles d’Etat.

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Avec la disparition ce jeudi 16 août à New Delhi de l’ancien Premier ministre Atal Bihari Vajpayee, 93 ans, l’Inde perd l’une des figures marquantes de sa vie politique. Né en 1924 dans l’Etat du Gwalior, dans le centre du pays, l’homme était entré en politique dans le cadre du mouvement de résistance contre les Britanniques dans les années 1940. Trois fois Premier ministre, élu à dix reprises à la chambre basse du Parlement (la première fois en 1957), Vajpayee représentait le visage modéré du mouvement hindouiste dont l’aile dure est au pouvoir aujourd’hui à New Delhi. Mentor de Narendra Modi, l’actuel Premier ministre de l’Inde, l’homme s’était retiré de la vie politique après la défaite électorale de son parti en 2004. Victime d’un accident vasculaire cérébral en 2009, il souffrait de problèmes de santé graves et s’est éteint à l’hôpital.

« Son décès est une perte personnelle et irremplaçable pour moi », a déclaré Narendra Modi. Atal Bihari Vajpayee « fait partie des plus grands leaders de l’Inde moderne. Il a passé sa vie entière à servir notre grand pays », a déclaré pour sa part Manmohan Singh, qui lui avait succédé à la primature en 2004. « Aujourd’hui, l’Inde a perdu l’un de ses grands fils », « aimé et respecté », a ajouté Rahul Gandhi, chef de file de l’opposition. Ce concert de louanges venues des rangs du pouvoir comme de ceux de l’opposition traduit la place consensuelle qu’occupait le défunt dans la vie politique indienne.

Un demi-siècle de vie politique

La carrière politique active de l’ancien Premier ministre s’étire sur une cinquantaine d’années. Après avoir flirté avec les communistes puis le parti du Congrès d’obédience socialiste, il a fait l’essentiel de sa carrière au sein du mouvement nationaliste hindou qui contestait l’idéologie laïque et pluraliste du Congrès incarné par les figures historiques de Gandhi et Nehru, fondateurs de l’Inde moderne.

Membre du puissant Rashtriya Swayamsevak Sangh (Corps des volontaires nationaux), organisation matrice de l’hindouisme politique, Vajpayee a milité longtemps dans l’opposition parlementaire. En 1977, sa mouvance politique prend le pouvoir lorsque le Congrès perd les législatives à cause des excès de l’état d’urgence imposé deux ans plus tôt par le Premier ministre Indira Gandhi. Ministre des Affaires étrangères dans le premier gouvernement fédéral qui n’était pas issu du Congrès, Vajpayee assistera à la lente désagrégation de la large coalition des partis de droite et au retour au pouvoir du Congrès en 1980.

La droite indienne, ressoudée au sein du Bharatiya Janata Party (BJP, Parti du peuple indien) que Vajpayee a cofondé, va devoir attendre les années 1990 pour arracher de nouveau le pouvoir au Congrès. Porté à la primature à trois reprises (13 jours en 1996, 13 mois de 1998 à 1999, puis de nouveau de 1999 à 2004), ce nationaliste hindou a pratiqué une politique musclée tant sur le plan économique que politique. C’est sous son autorité que l’Inde a défié en 1998 la communauté internationale en procédant à des essais de bombe atomique et s’est imposée comme une puissance nucléaire. Parallèlement, pour contenir l’escalade vers une guerre avec le Pakistan qui, lui aussi, possédait l’arme nucléaire, il a engagé des discussions historiques avec le frère ennemi, mais n’a pas su empêcher les violences éclater dans la région du Cachemire contestée par les deux voisins. Sa politique économique favorable aux riches avait mécontenté la classe moyenne et les pauvres qui ont créé la surprise en 2004, en votant pour le retour du Congrès emmené à l’époque par Sonia Gandhi.

Malgré ses échecs, Vajpayee laisse l’image d’un homme d’Etat qui grâce à son charisme et son éloquence avait su incarner sur la scène internationale les ambitions de l’Inde vouée à devenir une grande puissance. L’homme était aussi amoureux de la poésie et citait des grands poètes persans et indiens dans ses discours, faisant le bonheur de ses auditeurs. Auteur lui-même d’une anthologie de 51 poèmes très remarquée, il a écrit : « Kaal ke kapaal par likhta mitataa hoon, geet naya gaata hoon » (« Sur le front du temps, j’écris effaçant les vers anciens, je chante de nouvelles chansons »).

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