Inde

Inde: les propos de Hollande sur la vente d'avions «Rafale» embarrassent New Delhi

Le Premier ministre indien Narendra Modi embrasse le président français François Hollande lors d'une visite à Chandigarh, dans le nord de l'Inde, le 24 janvier 2016.
Le Premier ministre indien Narendra Modi embrasse le président français François Hollande lors d'une visite à Chandigarh, dans le nord de l'Inde, le 24 janvier 2016. REUTERS/Ajay Verma TPX IMAGES OF THE DAY

En Inde, l'opposition a rebondi sur les déclarations de François Hollande concernant la vente des avions de chasse « Rafale » à l'Inde. L'ancien président a déclaré à Médiapart que la France n'a eu aucun mot à dire sur le choix des partenaires, et que c'est le gouvernement indien qui les a imposés. Or, c'est en contradiction avec les propos tenus jusqu'à présent par New Delhi.

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Avec notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis

« Le Premier ministre est un voleur et ce contrat est clairement teinté de corruption ». Rahul Gandhi, le président du parti du Congrès, dans l'opposition, a ainsi réagi aux déclarations de François Hollande, lors d'une conférence de presse.

Les propos de l'ancien président français sont en effet embarrassants : jusqu'à présent, les gouvernements indien et français affirmaient que c'était Dassault, et uniquement lui, qui avait choisi Reliance comme partenaire pour ses investissements obligatoires en Inde, dits « de compensations », en marge du contrat des Rafale.

Mais selon François Hollande, c'est le gouvernement de Narendra Modi qui a forcé cette alliance entre Dassault et cette société tenue par un proche du Premier ministre, et qui n'avait jusqu'à présent aucune expérience dans l'aéronautique.

Dassault a alors dû investir 100 millions d'euros dans la compagnie créée avec Reliance, pour construire une usine qui produira des pièces d'avions Falcon et de Rafale. Dassault vient de réitérer avoir choisi librement de s'allier avec Reliance.

L'origine de l'affaire

En 2014, Dassault Aviation avait négocié avec le groupe d'armement public indien 126 avions de chasse qui seraient majoritairement assemblés en Inde. Mais après l'arrivée de Narendra Modi au pouvoir, la procédure est annulée et l'Inde préfère acquérir 36 Rafale prêts à l'usage et fabriqués en France.

Dans ce nouveau contrat, Dassault signe un accord de compensation avec un nouveau partenaire, Reliance, qui est une société privée dirigée par Anil Ambani. Cet homme d’affaires présumé proche du Premier ministre indien a créé la société quelques jours seulement avant l'acquisition des Rafale.

La polémique vient donc du fait que ce groupe a été imposé dans cet accord avec Dassault. Mais par qui ? Narendra Modi, présumé ami d'Anil Ambani ? Par le groupe Dassault Aviation ? Ou par François Hollande ? C'est toute la question, mais tous se renvoient la balle.

Dans son entretien à Mediapart, l'ancien président français s’est défendu de tout possible conflit d'intérêts avec Reliance, qui a aussi partiellement financé en 2016 un film de sa compagne Julie Gayet.

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