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Chine

Ouïghours: la Chine reconnaît le recours à des camps de rééducation au Xinjiang

Deux hommes de la minorité musulmane ouïghours discutent dans une rue de Urumqi, la capitale du Xinjiang.
Deux hommes de la minorité musulmane ouïghours discutent dans une rue de Urumqi, la capitale du Xinjiang. GOH CHAI HIN / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En Chine, une loi a reconnu mardi 9 octobre l’utilisation des camps de rééducation au Xinjiang. Une première.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Officiellement, ils n’existaient pas. La Chine a finalement décidé de les légaliser. Dénoncés par les ONG des droits de l’homme, ces centres doivent permettre d’éliminer « l’extrémisme religieux », selon les autorités de cette province située dans l’extrême ouest de la Chine.

Impossible de garder plus longtemps le secret autour de ces centres de détention arbitraire au cœur des oasis du far-ouest chinois. Impossible de rester dans le déni autour de ce que le vice-président américain qualifiait la semaine dernière de « camps du gouvernement » dans lesquels « un million de ouïghours musulmans subissent un lavage de cerveau permanent ».

La nouvelle réglementation entrée en vigueur mardi 9 octobre reconnaît donc implicitement que ces centres existent puisqu’elle autorise, dans son article 33, la mise en place de « centres de formation professionnelle » au niveau des comtés et des districts, afin « d’éduquer et de transformer les personnes qui ont été influencées par l’extrémisme » et de « les aider à transformer leurs pensées et à revenir dans la société ou leurs familles ».

Campagne « anti-halal »

Cette annonce intervient au lendemain du lancement d’une campagne « anti-halal » au Xinjiang. Sur les réseaux sociaux, des images ont circulé montrant des employés han se photographiant avec un camarade ouïghour à la cantine, la légende précisant que celui-ci « mange du porc pour la première fois de sa vie ».

La campagne est relayée dans la presse officielle. La mode du « tout halal » a tendance à favoriser « l’enlisement dans l’extrémisme religieux », affirme encore ce mercredi le quotidien en langue anglaise Global Times, après s’être félicité à plusieurs reprises de mesures contre le radicalisme religieux destinées à éviter que la Chine ne connaisse « le même sort que la Syrie ».

Cette répression des musulmans turcophones du Xinjiang a provoqué un tollé y compris chez des alliés de la Chine comme le Pakistan. Elle n’est pourtant pas nouvelle. En 2017, une précédente révision de la loi considérait le port du voile, d’une barbe jugée « anormale » ou même le refus de regarder la télévision ou d’écouter la radio d’Etat comme des signes de radicalisation.

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