Afghanistan / Terrorisme

[Reportage] Elections en Afghanistan: les bureaux de vote sous haute sécurité

Des policiers à un point de passage à Kaboul, le 19 octobre 2018, veille des élections législatives.
Des policiers à un point de passage à Kaboul, le 19 octobre 2018, veille des élections législatives. REUTERS/Omar Sobhani

Samedi est un jour de vote en Afghanistan pour près de 9 millions d'électeurs qui doivent renouveler les 249 sièges du Parlement afghan. Un scrutin sous haute tension, les talibans ont prévenu qu'ils s'en prendraient aux bureaux de vote et aux forces gouvernementales. Plus de 50 000 membres des forces de l'ordre ont été déployés dans le pays pour assurer la sécurité des centres de vote. Reportage dans un bureau de vote de la capitale afghane.

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Avec notre correspondante à Kaboul, Sonia Ghezali

Le portail bleu turquoise de l'école de filles Zarghona ne cesse de s'ouvrir et de se refermer pour laisser passer les voitures des différentes unités des forces de sécurité afghanes.

Une voiture de la police est garée dans la cour, les 4 policiers sur place se mettent au garde-à-vous. Le général Sayed Saboor vient d'arriver :

« Je suis chargé de contrôler tous les bureaux de vote de l'arrondissement, affirme-t-il. Je suis venu ici pour contrôler la sécurité sur le site et aussi les policiers qui sont sur place. »

Le portail s'ouvre à nouveau. Une jeep blindée blanche entre. Ce sont les services de renseignement. Des échanges suivent avec le chef de la police du quartier qui arrive quelques minutes plus tard.

Le général repart, semble-t-il rassuré. « Je pense qu’il n'y a aucun risque pour les électeurs parce que nous avons pris des mesures de sécurité pour répondre aux menaces. »

Shamsia qui habite dans l'ouest de Kaboul traverse chaque jour toute la ville pour se rendre dans le bureau de vote :

« On vit avec les menaces et on ne peut pas s'arrêter de vivre à cause des menaces, on est habitué, soupire-t-elle. Ça ne doit pas nous empêcher de travailler, il faut qu’on continue à vivre. »

La jeune femme accepte les risques, dit-elle, confiant avoir dû convaincre sa famille, très inquiète, de la laisser continuer son travail d'agent électoral.

(Re) lire : Afghanistan: les élections repoussées d'une semaine à Kandahar

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