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Chine

Chine: reprise du commerce de corne de rhinocéros et d'os de tigres

Les cornes de rhinocéros et les os de tigres élevés en captivité pourront être utilisés pour «la recherche médicale et le traitement clinique de maladies graves» (photo d'illustration).
Les cornes de rhinocéros et les os de tigres élevés en captivité pourront être utilisés pour «la recherche médicale et le traitement clinique de maladies graves» (photo d'illustration). Reuters

Nos enfants connaîtront-ils les singes, les girafes et les éléphants, autrement que par la lecture du Livre de la Jungle de Rudyard Kipling ? Selon une enquête de WWF publiée ce mardi 30 octobre, la planète a perdu 60 % de ses animaux sauvages depuis les années 70. Notre consommation effrénée a décimé la faune mondiale, affirme l’ONG. Autre mauvaise nouvelle, cette fois pour les tigres et les rhinocéros : après 25 ans d’interdiction, la Chine vient de ré-autoriser partiellement le commerce de corne et d’os de ces espèces protégées.

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De notre correspondant à Pékin

C’est une autorisation partielle soumise à conditions, mais une autorisation quand même, et qui risque de relancer le trafic des espèces menacées selon les associations de défense de la cause animale. D’après la circulaire du Conseil d’Etat chinois signée par le Premier ministre Li Keqiang, le négoce et l’usage de corne de rhinocéros et d’os de tigre seront désormais soumis à une demande d’autorisation dans le cas de recherches scientifiques telles que les études génétiques.

Des vertus thérapeutiques...

Le texte précise que les cornes ne peuvent provenir que de rhinocéros élevés en captivité ; et pour les os, il ne peut s’agir que de tigres morts de mort naturelle. Si la vente reste interdite sur le marché comme sur internet, le lobby de la médecine traditionnelle a semble-t-il eu le dessus sur celui des protecteurs de l’environnement. « C’est une bonne chose pour la médecine traditionnelle, parce que l’os du tigre est bénéfique à nos patients. Au début, nous avons dû remplacer les os de tigres par des os de léopards. Et quand ces derniers ont été à leur tour interdits, nous avons eu recours à des os de chats. Les tigres et les chats sont de la même famille, mais l’effet n’est pas le même... Les os de chats sont beaucoup moins puissants que les os du tigre», explique Shi Xinde, médecin au sein de la clinique Ren Yi Dang dans le centre de Pékin.

Les os de tigre écrasés ajoutés à du vin sont consommés pour leurs
Les os de tigre écrasés ajoutés à du vin sont consommés pour leurs REUTERS/Simon Dawson

...et aphrodisiaques

Rechercher pour leurs soit-disant effets aphrodisiaques chez certains mâles asiatiques à la vigueur sexuelle visiblement défaillante ou considérée comme telle, le braconnage des cornes et des os a décimé les rhinocéros blanc et noir d’Afrique, mais aussi les rhinocéros indiens, de Java et Sumatra en Asie. Même chose pour les tigres du Bengale, de Chine méridionale ou de Malaisie. Selon le nouveau règlement du gouvernement chinois, des exceptions peuvent valoir aussi pour des produits classés dans la catégorie « antiquité » et dans le cadre d’une utilisation pédagogique ou lors « d’échanges culturels » approuvés par les autorités.

Cette nouvelle réglementation vient lever partiellement l’interdiction promulguée en 1993, lors de l’adhésion de la Chine au Cites, la Convention sur le commerce international des espèces de la faune et de la flore menacés d’extinctions.

Une décision immédiatement condamnée par le WWF. Le Fonds mondial pour la nature estime que « la reprise d’un marché légal pour ces produits […] aura des conséquences dévastatrices au niveau mondial »

Les ONG muettes

Preuve d’une certaine autocensure ou de pressions sur les ONG en Chine, toutes les associations de protections animales contactées par RFI ont refusé de répondre « on the record ». Silence gêné chez WildAid, le WWF à Pékin ou encore la branche chinoise de l’IFAW connue notamment pour ses campagnes avec des personnalités engagées aux côtés des défenseurs des éléphants, telles que Yao Ming, la star du basket chinois. Les affiches du Fonds international pour la protection des animaux montrant des menottes géantes réservées aux trafiquants d’ivoire étaient encore visibles ces derniers jours dans les couloirs du métro de la capitale chinoise.

En fin d'après-midi ce mardi 30 octobre, l'administration des forêts et des steppes a convoqué les organisations de protection des espèces menacées, dont le WWF China, afin « d'expliquer » la nouvelle réglementation promulguée par le Conseil des affaires d'Etat qui est entrée en vigueur le 6 octobre dernier.

→ Lire aussi le rapport de WWF sur le déclin des espèces sauvages

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