Chine / France

[Reportage] Le retour du steak français sous les baguettes chinoises

La foule se presse autour du stand français de boucherie et charcuterie pour goûter les brochettes de boeuf français.
La foule se presse autour du stand français de boucherie et charcuterie pour goûter les brochettes de boeuf français. © RFI/ Stephane Lagarde

Après 17 ans d’embargo, un premier container de bœuf français est arrivé en Chine ce mardi. Plus d’une tonne de viande charolaise a été livrée au géant chinois du e-commerce Alibaba. Un retour très attendu du steak made in France, à l’occasion de la première foire internationale des importations de Shanghai. Reportage.

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Avec notre envoyé spécial à Shanghai, Stéphane Lagarde

« La viande qui vient d’arriver est une viande d’exception, elle est issue de cheptels élevés dehors, broutant de l’herbe, sans antibiotiques, sans produits de croissance. »

Il parle comme le journal de RFI en français facile, Didier Guillaume. Le ministre français de l’Agriculture veut se faire comprendre des nombreux journalistes chinois présents sur le stand boucherie française de la foire de Shanghai.

« Un animal naturel élevé dans un milieu naturel. Et donc une viande très tendre, très gustative au palais et qui va enflammer les papilles des Chinois », poursuit le ministre.

Et la viande de qualité, elle grille juste à côté. Quelques kilos sont à déguster à Shanghai, tout le reste sera vendu en ligne par Alibaba. Un peu plus d’une tonne de viande française, une goutte d’eau dans les près de 1,5 million de tonnes de bœuf importées en Chine l’an passé.

Pour Dominique Langlois, président d'Interbev, l'Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes, ce n'est qu'un début :

« C’est un grand jour pour la filière bovine, commente-t-il. Après 17 ans de travail, le marché chinois est ouvert. Avec cette première livraison d’une tonne et demie qui est arrivée cet après-midi à pékin, on est dans la phase de démarrage, d’échantillonnage. Pour l’instant, deux abattoirs ont été sélectionnés, mais on espère qu’il y en aura cinq autres. Avec la vente sur internet, c’est aussi la découverte d’un nouveau marché. Nous avons rencontré la responsable d’Alibaba. C’est un service 24h sur 24, livraison dans l’heure qui suit. Et un Chinois peut désormais déguster une entrecôte française chez lui de qualité, c’est merveilleux. »

Le président d’Interbev en a les larmes aux yeux. Devant les entrecôtes tricolores, une marée de téléphones portables enregistre l’instant. « Regardez les gens se servent directement dans la poêle, s’enthousiasme Dominique Langlois. Ça a beaucoup de succès. » « Je voulais savoir, c’est quoi comme sauce ? demande un photographe de l’agence Chine Nouvelle. « C’est de la béarnaise. De la sauce béarnaise pour accompagner de la viande charolaise », répond M. Langlois.

« Nous avons 32 000 agriculteurs qui sont membres du groupe coopératif, explique Nicolas Escamez, du groupe Terrena, premier pôle coopératif agroalimentaire français. Et parce qu’on est un groupe coopératif, on a l’avantage de maîtriser toute la chaîne de la ferme jusqu’à l’assiette du consommateur, de la fourche à la fourchette ou plutôt à la baguette. Cette première tonne est importante. La viande vient des pays de Loire. Elle va être vendue en ligne, donc on aura des retours très vite des consommateurs. Nous avons privilégié la qualité au volume. Pour l’instant, nous sommes deux à avoir reçu l’agrément : Eilvia, notre filiale viande bovine, et le groupe Bigard qui est le numéro 1 du steak sur le marché français, nous nous sommes le numéro 2. »

De la fourche à la baguette, deux abattoirs français ont pour l’instant reçu l’agrément, d’autres frappent à la porte pour obtenir le précieux coup de tampon. En espérant que cette première livraison fera un « effet bœuf » sur les consommateurs chinois.

► (Ré) écouter et (re) lire : La Chine rêve de bœuf et fait rêver les éleveurs français (Chronique des matières premières)

Ils sont nombreux à photographier le stand français de boucherie et charcuterie.
Ils sont nombreux à photographier le stand français de boucherie et charcuterie. © RFI/ Stephane Lagarde

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