Philippines

Philippines: un double attentat meurtrier frappe une église chrétienne à Solo

Jolo, archipel de Sulu, ce dimanche 27 janvier 2019.
Jolo, archipel de Sulu, ce dimanche 27 janvier 2019. HANDOUT / AFP

Au moins 18 personnes, cinq soldats, un membre des gardes-côtes et 12 civils, ont perdu la vie ce dimanche 27 janvier dans un double attentat contre une église de l'île de Jolo, dans le sud des Philippines. On dénombre également 83 blessés, selon un bilan de l'armée. Le chef de la police nationale fait pour sa part état de 27 morts et 77 blessés. L'attentat a été revendiqué par le groupe Etat islamique.

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Actualisation : Dans un communiqué, le groupe EI a affirmé que deux kamikazes s'étaient fait exploser à l'intérieur de l'église et dans le parking à l'extérieur, selon le Centre américain spécialisé dans la surveillance de la mouvance jihadiste (SITE). Or, selon l'armée, la deuxième bombe se trouvait dans le coffre d'une moto garée à l'extérieur de l'édifice.

La première bombe a explosé dans l'église au moment de la messe et la seconde dans le parking lorsque les militaires sont arrivés sur place, relate le lieutenant-colonel Gerry Besana, porte-parole régional de l'armée, cité par l'Agence France-Presse. « C'est probablement un acte terroriste. Il y a des gens qui ne veulent pas la paix », explique l'officier, alors que des organisations islamistes comme Abou Sayyaf sont encore très actives dans le sud de l'archipel philippin.

Ce double attentat survient deux jours après l'annonce de l'approbation massive, lors d'un référendum organisé lundi 21 janvier, de la création dans le sud des Philippines de la région autonome Bangsamoro, dans le cadre du processus de paix avec l'insurrection musulmane. Jolo en fait partie. « Nous utiliserons toute la force légale pour amener devant la justice les auteurs de cet incident », a déclaré dans un communiqué le ministre philippin de la Défense, Delfin Lorenzana.

Un référendum historique

La création de cette région autonome, sur un territoire à majorité musulmane dans ce pays majoritairement catholique, vise à rétablir la paix après des décennies de conflit. Des musulmans avaient pris les armes dans les années 1970 pour réclamer l'autonomie ou l'indépendance du sud des Philippines, une insurrection qui a fait 150 000 morts. Le principal groupe rebelle, le Front Moro islamique de libération (Milf), a signé en 2014 un accord de paix avec Manille.

Le texte signé avec le gouvernement en 2014 prévoyait ce vote sur l'autonomie pour la minorité musulmane dans certaines parties de la grande île de Mindanao et dans des îles de l'extrême sud-ouest du pays. Quelque 2,8 millions d'habitants de cette région ont été appelés lundi dernier à voter, et 1,7 million se sont prononcés en faveur de la création de la région Bangsamoro, contre 254 600 qui s'y sont opposés, selon les chiffres révélés par la Commission électorale vendredi.

La province de Sulu, à laquelle appartient Jolo, a globalement voté contre l'aboutissement de ce processus de paix lancé dans les années 1990, et qui n'inclut pas les organisations comme le groupe Abou Sayyaf, ramification extrémiste de l'insurrection séparatiste que le Milf combat désormais aux côtés des forces gouvernementales, et qui est accusée d'avoir organisé les pires attentats aux Philippines, notamment contre un ferry en 2004 (plus de 100 morts).

Avec agences

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