Thaïlande

Thaïlande: dissolution d'un important parti d'opposition avant les législatives

Une photo prise le 11 janvier 2019 sur laquelle on peut voir un graffiti sur un mur à Bangkok avec le mot «vote», couvert de fil de fer barbelé.
Une photo prise le 11 janvier 2019 sur laquelle on peut voir un graffiti sur un mur à Bangkok avec le mot «vote», couvert de fil de fer barbelé. REUTERS/Jorge Silva

À deux semaines des élections législatives, le climat politique se durcit en Thaïlande. La Cour constitutionnelle vient d'ordonner la dissolution de l'un des principaux partis d'opposition.

Publicité

Les magistrats de la Cour constitutionnelle estiment que les dirigeants du Thai Raksat Chart, banni de la vie politique pour dix ans, ont voulu saper le système politique thaïlandais en se rendant coupables d'actes jugés « hostiles envers la monarchie ».

Cette décision intervient après un coup de tonnerre, au mois de février, quand cette formation a proposé la sœur du roi, la princesse Ubolratana, comme candidate au poste de Premier ministre. Cela n'a duré que quelques heures : le jour même de cette annonce, le roi en personne a désavoué sa propre sœur. Et dans la foulée, la formation politique est devenue indésirable.

Devant quelques centaines de supporters et près d’un millier de policiers rassemblés par crainte d’éventuels débordements, le leader du parti, Preechaphol Pongpanit, s’est défendu d’avoir voulu porter atteinte à l’institution la plus sacrée du pays. « Nous avons essayé de faire notre devoir avec honnêteté, avec droiture... Nous voulions servir notre pays du mieux possible dans une optique de développement et de réconciliation. Nos intentions étaient pures. Pour nous il est trop tard, nous ne pourrons pas participer à ces élections, mais il y a encore beaucoup de problèmes à régler dans notre société, il faut que ceux qui restent continuent et travaillent dur. »

Le Thai Raksat Chart n’est pas n'importe quel parti. C'est un mouvement proche de la famille Shinawatra, celle des fameuses « chemises rouges ». Cette famille se bat contre la junte militaire depuis des années. Or, la Cour constitutionnelle a toujours adopté des positions conservatrices. Elle a déjà dissous dans le passé trois partis politiques du camp Shinawatra.

Les dissidents politiques en Thaïlande estiment que cet organe judiciaire se range, en réalité, du côté des militaires et des royalistes.

Sur le plan électoral, l'opposition comptait sur le vote populaire pour défier le pouvoir. La dissolution du Thai Raksat Chart, qui était implanté dans plusieurs dizaines de circonscriptions, va sans doute compliquer cette stratégie de la voix du peuple contre celle de la junte.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail