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Kazakhstan

Kazakhstan: le président Noursoultan Nazarbaïev annonce sa démission

Noursoultan Nazarbaïev, le 1er mai 2016.
Noursoultan Nazarbaïev, le 1er mai 2016. REUTERS/Shamil Zhumatov/File Photo
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Au pouvoir depuis 30 ans, confronté à une grogne sociale grandissante, le président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev démissionne. Cette annonce intervient moins d'un mois après le brusque limogeage du gouvernement à qui il reprochait de mauvais résultats économiques. Noursoultan Nazarbaïev continuera de disposer de pouvoirs étendus après son départ, mais se pose désormais la question de sa succession.

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Lors d'une allocution retransmise à la télévision, le président kazakh, Noursoultan Nazarbaïev, a fait part de sa volonté de quitter la présidence : « J'ai pris la décision de renoncer au mandat de président. Cette année marquera les 30 ans de mon arrivée au poste de chef de l'Etat ». Cette démission intervient sur fond de crise sociale : le pays ne s’est toujours pas remis de la chute du prix des hydrocarbures, dont la république d’Asie centrale est grande exportatrice ; et il y a un mois le président limogeait son gouvernement pour «  mauvais résultats économiques ».

On sait que Noursoultan Nazarbaïev est malade, et que la question de sa succession, jamais réglée, allait finir par se poser, d’autant que le président kazakh a 78 ans. Peut-être ce départ est-il un moyen pour lui de la contrôler tant qu’il le peut encore.

Son départ devenait une question de mois, ou au plus d'années. Il ne part pas vraiment. On n'assiste pas à un changement de régime. Il va rester chef du conseil de sécurité nationale, il va rester chef de son parti politique. On sent qu'il va gérer la transition en coulisses...

Samuel Carcanague, chercheur à l'IRIS

Noursoultan Nazarbaïev reste tout de même président du parti au pouvoir, Nour Otan et continue de présider le Conseil de sécurité kazakh. Père de la nation, ce qui lui garantit l’immunité judiciaire, sa famille contrôle des pans entiers de l’économie. Conformément à la Constitution, c'est le président du Sénat, Kassym-Jomart Tokaïev, qui assure l'intérim durant le reste du mandat présidentiel qui s'achèvera en avril 2020. Les deux hommes travaillaient ensemble depuis l’indépendance de 1990.

Il est vrai que l'histoire de Noursoultan Nazarbaiev se confond avec celle de son pays. Il naît en 1940 alors que le Kazakhstan fait partie de l'Union soviétique. Ouvrier métallurgiste, l'homme gravit les échelons du Parti communiste, il en devient le Premier Secrétaire et donc le dirigeant du Kazakhstan en 1989.

L'effondrement de l'URSS aurait pu le balayer, mais non : Noursoultan Nazerbaiev est élu président du Kazakhstan indépendant en 1991, puis systématiquement réélu à la tête de ce pays riche en ressources. Pouvoir sans partage et culte de la personnalité, le chef de l'Etat fait construire une nouvelle capitale, Astana, et il coécrit l'hymne national.

Des opposants politiques sont mystérieusement assassinés, le pouvoir est régulièrement critiqué pour ses violations des droits de l'homme comme pour des affaires de corruption, mais Noursoultan Nazerbaiev est loin d'être isolé : les relations sont bonnes avec les Etats-Unis comme avec le voisin chinois, bonnes aussi avec la France comme le montrent les nombreuses visites officielles de ces dernières années.

A Moscou, Valentina Matvienko, la présidente du Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement russe, s'est étonnée de cette démission surprise et estimé qu'elle aurait d'importantes conséquences.

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