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Indonésie

Présidentielle en Indonésie: le président sortant Joko Widodo favori du scrutin

Le président indonésien Joko Widodo, candidat aux prochaines élections présidentielles et son co-listier, saluent leurs partisans lors d'un carnaval de campagne à Tangerang, dans la province de Banten, en Indonésie, le 7 avril 2019.
Le président indonésien Joko Widodo, candidat aux prochaines élections présidentielles et son co-listier, saluent leurs partisans lors d'un carnaval de campagne à Tangerang, dans la province de Banten, en Indonésie, le 7 avril 2019. REUTERS / Willy Kurniawan
Texte par : RFI Suivre
10 mn

En Indonésie, le quatrième pays le plus peuplé au monde, 192 millions d’électeurs ont été appelés aux urnes, ce mercredi 17 avril pour la présidentielle. Ils ont eu à choisir entre Joko Widodo, le président sortant, et Prabowo Subianto, un ancien général de l’armée. À en croire les sondages, le président sortant serait à nouveau le mieux placé pour remporter ce scrutin et accéder à un second mandat.

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Les deux candidats ne représentent pas la même classe sociale...

[Focus] La présidentielle indonésienne, un gigantesque processus électoral

De notre correspondant à Jakarta, Joël Bronner

L’affiche électorale entre les deux hommes est la même que lors du scrutin précédent il y a cinq ans, lorsque Joko Widodo l’avait emporté avec 53% des suffrages. D’un côté, il y a Joko Widodo, surnommé « Jokowi », le président sortant. Il représente un courant plutôt néo-libéral. Son image d’homme simple et proche du peuple lui assure une grande sympathie, en particulier dans les milieux populaires. Ses projets d’infrastructures, de désenclavement des zones rurales ou sa politique de réduction des inégalités sociales participent également de sa popularité.

« J’ai pu constater le résultat de son travail, notamment de ses projets d’infrastructures. Et j’ai surtout pu voir sa générosité à l’égard du peuple et pour moi c’est cela qui est de loin le plus important », estime Rika Hilari, une étudiante en médecine de 21 ans, qui a donné sa voix au président sortant. 

Son adversaire, Prabowo Subianto, lui, est un ancien général et il a aussi été le gendre de Suharto, qui a dirigé l’Indonésie d’une main de fer pendant 30 ans, jusqu’à la fin des années 1990. C’est la troisième fois que le militaire tente sa chance lors d’une campagne présidentielle, ses deux premières tentatives comme candidat à la vice-présidence, puis à la présidence ayant échoué. Son discours politique repose sur un nationalisme exacerbé. Prabowo est accusé de crimes de guerre au Timor-Oriental lorsqu’il était chef des forces spéciales, il aurait aussi tenté un coup de force contre le successeur de Suharto, dictateur de l’Indonésie durant 32 ans jusqu’en 1998. Il n’hésite pas, par exemple, à reprocher au président sortant d’accepter de l’argent de la Chine pour financer certains de ses projets d’infrastructure.

« J’ai entendu beaucoup de prêches en faveur de Prabowo Subianto. Ils disent qu’en tant qu’Indonésien et en tant que membre de la communauté musulmane il faut le choisir lui. Alors moi je suis ce que disent les oulémas », affirme, Mohamad Irfan, 41 ans, agent d’entretien, qui a voté pour Prabowo Subianto.

Les jeunes et l'islam, clés de ce scrutin

Pour l’emporter, le futur président doit d’une part convaincre les jeunes, en particulier cette génération qu’on appelle les millenials en anglais, c’est-à-dire les électeurs nés autour de l’an 2000 et qui votent pour la majorité d’entre eux pour la première fois aujourd’hui. S’ils sont si importants, c’est que ces jeunes représentent près de 30% de l’électorat lors de ce scrutin.

D’autre part, l’islam est aussi une clé essentielle de cette élection. Environ 90% des 265 millions d’Indonésiens sont musulmans. Et le poids des radicaux religieux ne cesse de progresser ces dernières années dans l’archipel. Les islamistes ont notamment remporté une grande victoire, il y a deux ans, lorsqu’après des manifestations géantes au cœur de la capitale, ils ont réussi à faire chuter Ahok, l’ex-gouverneur chrétien de Jakarta et à le faire incarcérer sous motif de blasphème.

Un musulman très conservateur comme vice-président

En choisissant Ma’ruf Amin, un musulman très conservateur comme vice-président, il s’agissait pour Joko Widodo de se protéger des attaques de ses adversaires sur sa supposée tiédeur religieuse. Et c’est ce qui a limité en apparence la question de l’islam dans les débats de la campagne électorale puisque le président sortant peut compter sur le soutien de la NU, la Nahdlatul Ulama, d’où est issu son colistier, qui est la plus large organisation islamique du pays. Mais, signe qu’il craint que cela ne suffise pas, le président Widodo vient d’effectuer un pèlerinage dit « mineur » à La Mecque, au cours du week-end précédant l’élection, pour tâcher de convaincre un maximum d’électeurs que sa piété n’a rien à envier à celle de ses opposants.

► À lire aussi : Présidentielle en Indonésie: les électeurs à l’heure d'un choix de société

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