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Afghanistan

#MyRedLine, la campagne en ligne des Afghanes contre le retour des talibans

La cycliste afghane Kobra Samim avec son vélo dans une rue de Kaboul, le 14 avril 2019.
La cycliste afghane Kobra Samim avec son vélo dans une rue de Kaboul, le 14 avril 2019. WAKIL KOHSAR / AFP

Depuis plusieurs semaines, les Afghanes publient leur « ligne rouge » sur les réseaux sociaux, craignant de voir leurs droits bafoués en cas de retour des talibans au pouvoir.

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Alors que les États-Unis ont entamé depuis l'été dernier des discussions directes avec les talibans, chassés du pouvoir en 2001, la crainte est grande pour bon nombre d'Afghans de voir des intégristes religieux reprendre les rênes du pays. Les femmes, que les talibans avaient à l'époque confinées à l'espace domestique et contraintes à porter la burqa, sont particulièrement inquiètes.

Elles seraient les premières victimes de leur retour, s’inquiète la jeune Kobra Samim, âgée de 23 ans, qui est membre de l'équipe afghane de cyclisme. « Nous n'aurons plus le droit à l'éducation, au sport et nous serons empêchées de sortir de nos maisons », s’insurge la sportive sur les réseaux sociaux.

600 000 contributions sur Twitter

C’est la raison pour laquelle la journaliste afghane Farahnaz Forotan a lancé la campagne en ligne #MyRedLine, en partenariat avec l'ONU Femmes, en définissant ainsi les « lignes rouges » à ne pas franchir en cas d'un accord de paix qui inclurait un partage du pouvoir avec les talibans.

« Les femmes étaient plus vulnérables que quiconque sous leur régime », alertait depuis longtemps la journaliste. En mars dernier, elle décide donc de lancer une campagne en ligne contre un retour aux années d’obscurantisme dans une courte vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

Le mot-clef #MyRedLine a généré depuis plus de 600 000 contributions sur Twitter et autant sur les autres plates-formes, avec une avalanche de courtes vidéos, de commentaires. Cette campagne est partagée sur Facebook en anglais, pachtoune et dari.

Des talibans impassibles

Le président afghan Ashraf Ghani participe à l'initiative en tweetant que les droits des femmes constituaient bien « la ligne rouge » à ne pas franchir lors des pourparlers de paix.

Mais les réactions de certains traditionalistes ne se sont pas fait attendre, en dénigrant les clips de femmes qui s’expriment sans porter le voile. « La nudité vous fera revenir à l'âge de pierre », prophétise l’un. « Est-ce une liberté de s'éloigner des vêtements de chasteté ? », sermonne un autre. D'autres mots-clefs, comme #AfghanWomenWillNotGoBack (« Les femmes afghanes ne reviendront pas en arrière ») ont fait, depuis, leur apparition.

Ces campagnes en ligne laissent toutefois les talibans de marbre. Leur porte-parole en délégation au Qatar tweetait cette semaine : « Nous ne pensons pas que la présence de femmes aux discussions de paix soit nécessaire. » Nous prouvant peut-être, comme le dit si bien l’adage, que l’on peut toujours chasser le naturel, il reviendra tôt ou tard au galop.

►À lire aussi : En Afghanistan, le retour des talibans inquiète la population

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