Inde

Inde: dans l’Uttar Pradesh, des paysans pauvres décidés à boycotter l’élection

A Unnao, ville agricole du centre de l’Uttar Pradesh, une cinquantaine d'agriculteurs sont sous un grand arbre fruitier à l’abri de la chaleur, avec une grande banderole.
A Unnao, ville agricole du centre de l’Uttar Pradesh, une cinquantaine d'agriculteurs sont sous un grand arbre fruitier à l’abri de la chaleur, avec une grande banderole. RFI/Christophe Paget

Lundi, en Inde, ce sera la quatrième phase d’une élection qui en compte sept et ne dure pas moins de six semaines. Alors que les paysans, au vote décisif, sont destinataires de nombreuses promesses, certains prévoient un boycott. Ils protestent contre la récupération de leurs terres.

Publicité

Avec notre envoyé spécial à Unnao, Christophe Paget,

Sortie d’Unnao, une ville agricole du centre de l’Uttar Pradesh. À l’abri de la chaleur, sous un grand arbre fruitier, une cinquantaine d’agriculteurs sont tranquillement assis, avec une grande banderole.

L’un d’entre eux, Hiden Nigam, s’avance. « Le UPSID, l’organisme d’État qui s’occupe du développement industriel, a acheté illégalement nos terres, sans nous le dire. Et après, nous avons touché le quart de la somme prévue », témoigne-t-il. « La plus haute cour de l’État a ordonné que nos terres nous reviennent, mais rien n’a été fait. On est des milliers dans ce cas. En octobre dernier, nous avons récupéré nos terres par la force et empêché tous travaux. Il y a d’autres exemples en Uttar Pradesh. »

« On s’est mis d’accord pour ne pas voter »

Les paysans manifestent toujours, car ils veulent récupérer leurs terres aussi sur le papier. Sanouch Goumariado est à l’origine du mouvement. Il manifeste depuis deux ans et a « le soutien de ma femme, mes enfants, ma famille ». Ils se relaient « pour que les travaux des champs et le quotidien à la maison soient assurés ».

La situation de ces agriculteurs aura des conséquences sur l’élection en cours, explique Hiden Nigam : « On vote depuis des années. Mais si on n’est pas entendus, on s’est mis d’accord pour ne pas voter. Depuis le temps qu’on manifeste, on est prêts à donner nos vies. Ce sont les terres de nos ancêtres ».

Retrouvez aussi ce reportage en version audio :

▲ Ecouter la version audio du reportage

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail