Sri Lanka

Une semaine après les attentats, pas d'unité politique au Sri Lanka

Leaders religieux sri-lankais chrétiens, bouddhistes et musulmans ont montré l'existence de la concorde, dimanche 28 avril 2019 à Colombo, une semaine après les attentats de Pâques.
Leaders religieux sri-lankais chrétiens, bouddhistes et musulmans ont montré l'existence de la concorde, dimanche 28 avril 2019 à Colombo, une semaine après les attentats de Pâques. REUTERS/Thomas Peter

Huit jours après les attentats de Pâques, les autorités du Sri Lanka craignent une nouvelle vague de violences. Le gouvernement prévient que des cellules dormantes sont toujours actives. À ce jour, plus de 100 arrestations ont été réalisées, malgré des tensions au sommet de l'État et dans l'appareil policier.

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En pleine crise sécuritaire, congédié par le président dans la foulée des attentats, le numéro un de la police sri-lankaise refuse de quitter son poste.

Il n'a toujours pas présenté sa démission, continue d'habiter ses appartements de fonction, et refuse de s'exprimer en public. Le Parlement va devoir se réunir pour forcer sa destitution, ce qui laissera le champ libre à son adjoint.

Une semaine après les attentats du dimanche 21 avril, qui ont fait 253 morts selon un dernier bilan, et près de 500 blessés, les forces de sécurité continuent de procéder à des arrestations dans les milieux islamistes : plus de 100 à ce stade. Elles craignent de nouvelles attaques, une menace bien réelle selon elles.

Le Premier ministre lâche ses coups

Des attaques-suicides pourraient être perpétrées cette fois-ci par des femmes contre des temples bouddhistes. Autre piste, évoquée par une branche de la police nationale : un attentat serait en préparation à Batticaloa, sur la côte est, et pourrait être perpétré par des kamikazes qui se feraient passer pour des militaires.

Loin de l'unité nationale, les attentats ravivent les clivages politiques. Dimanche, dans un entretien à la presse sri-lankaise, le Premier ministre Ranil Wickremesinghe s'est emporté contre les députés.

Les attaques de Pâques auraient pu être évitées, dit-il, si notre loi antiterroriste n'était pas bloquée depuis des mois. Cette dernière, qui porte sur les modalités d'enquête, d'arrestation et de suivi judiciaire des terroristes, est en discussion depuis l'automne 2018.

À propos des ratés du renseignement sri-lankais, le Premier ministre tacle aussi le ministère de la Défense. L'important, selon lui, n'était pas de transmettre les alertes à l'exécutif, c'était d'agir pour empêcher d'éventuelles attaques et ça n'a pas été fait.

Formés à fabriquer des bombes ?

Au nom de la sécurité nationale, le président Maithripala Sirisena a pour sa part interdit le port du niqab à partir de ce lundi 29 avril. Objectif : aider la police dans son travail d'identification.

Ont également été interdits deux groupuscules, le National Thowheeth Jamath et le Jammiyathul Millathu Ibrahim, soupçonnés d'avoir perpétré les attaques-suicides de la semaine dernière. Selon une récente étude des renseignements sri-lankais, 45 mosquées disséminées à travers le pays seraient contrôlées par le JMI.

Son leader, un certain Nizam, avocat en Grande-Bretagne, se serait rendu en Syrie en 2012 pour rejoindre le groupe État islamique. Il y aurait formé par la suite 45 membres de l'organisation JMI à fabriquer des bombes.

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