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Japon

L'empereur Naruhito plonge officiellement le Japon dans l'ère Reiwa

Le nouvel empereur du Japon Naruhito, et l'impératrice Masako, lors du rituel d'intronisation «Sokui-go-Choken-no-gi», au palais impérial de Tokyo le 1er mai en présence du frère du tenno et des princesses impériales..
Le nouvel empereur du Japon Naruhito, et l'impératrice Masako, lors du rituel d'intronisation «Sokui-go-Choken-no-gi», au palais impérial de Tokyo le 1er mai en présence du frère du tenno et des princesses impériales.. Japan Pool/Pool via REUTERS
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Naruhito a rempli ses toutes premières obligations en tant que 126e empereur du Japon, ce mercredi 1er mai au palais impérial de Tokyo. Dans sa première déclaration, le nouveau « tenno », symbole de l'État et de l'unité nationale selon la Constitution, mais divinité vivante selon la religion première au Japon, a promis d'être toujours « au côté du peuple ».

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Après le « gouvernement éclairé » (Meiji), puis la « grande justice » (Taisho), la « paix éclairée » (Showa) et enfin « l'accomplissement de la paix » (Heisei), le calendrier japonais est entré ce mercredi dans l'ère impériale Reiwa, « la belle harmonie ». C'est le gouvernement qui a choisi ce nom, mais à sa mort, le nouvel empereur Naruhito le prendra à titre posthume.

Au lendemain de l'abdication de son père, Naruhito a officiellement accompli ce mercredi ses premières obligations de « tenno », le 126e de la liste officielle. Au cours d'un bref cérémonial en deux temps, très codifié, flanqué de son frère Akishino qui est désormais prince héritier, le souverain vêtu du costume queue-de-pie a acté son accession au trône du chrysanthème, l'emblème de la famille.

« Je m'engage à agir conformément à la Constitution et à remplir mes obligations de symbole de l'État et de l'unité du peuple, en ayant toujours le peuple à l'esprit et en me tenant toujours à son côté », a déclaré Naruhito, dans la droite ligne d'Akihito, qui a contribué avec Hirohito à démystifier la figure de l'empereur, décrit comme un dieu vivant dans le shinto, l'ancienne religion d'État.

Rituel shinto très masculin au palais

Fidèle à son père, absent de la cérémonie mais bien plus libéral sur le plan politique que le gouvernement Abe, qui lui était bien sûr présent ce mercredi, Naruhito a témoigné son « respect » pour l'attitude d'Akihito ces 30 dernières années. Son père, désormais empereur émérite (une première), a « partagé les joies et peines du peuple » et sa « compassion », a rappelé le souverain.

Peu avant, les femmes de la famille étaient absentes lorsque sont entrés dans la pièce deux des trésors immémoriaux de la lignée : l'épée et le joyau que la déesse Amaterasu, ancêtre de la famille selon le shinto, avait remis à son petit-fils lorsqu'elle l'envoya sur Terre. La légende veut que ces items soient dans la famille depuis 2 600 ans et l'empereur Jinmu, dont l'existence n'est pas avérée.

Le miroir d'Amaterasu, troisième item sacré de la famille impériale japonaise dans la religion, ne faisait pas partie du rituel. Il ne sort jamais d'Ise, le sanctuaire le plus sacré du shinto. On ne sait d'ailleurs même pas à quoi ressemblent les trois trésors. Ils ne sortent en effet jamais de leur écrin et même l'empereur ne peut pas les voir, explique notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles.

Le sanctuaire Meiji Jingu au diapason

La seule femme présente à ce moment du cérémoniel, lors duquel Naruhito s'est tu, était l'unique ministre féminine du gouvernement de Shinzo Abe, un homme qui prend très au sérieux le shinto, religion dont les rites officiels et la relation avec l'État ont été entièrement repensés dans la deuxième partie du XIXe siècle, mettant sur un piédestal très politique l'empereur jusqu'à la Constitution de 1947.

Naruhito entend comme son père continuer la modernisation de la plus ancienne dynastie régnante au monde, la mettre en accord avec son temps. Il refuse que l'institution impériale soit un enjeu de pouvoir politique au moment ou le Premier ministre cherche à réviser la Constitution pacifique et à recentrer, comme avant-guerre, la société japonaise autour du shinto et de la figure de l'empereur.

L'empereur était arrivé au palais à bord d'une voiture noire, après avoir salué une petite foule massée sur la route, alors que le soleil était revenu sur Tokyo, comme le note l'Agence France-Presse. Pendant ce temps, au sanctuaire Meiji Jingu, une trentaine de prêtres en robe blanche se sont livrés à une cérémonie pour annoncer l'intronisation aux ancêtres de la famille impériale. Le saké a coulé.

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