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Corée du Sud / Jeux vidéos / Santé et médecine

Séoul refuse que l’addiction aux jeux vidéo soit classifiée comme maladie mentale

L'esport, le jeu vidéo compétitif, est particulièrement développé en Corée du Sud. Ici, la team SKT, sponsorisée par l'une des plus grosses entreprises de téléphonie mobile du pays.
L'esport, le jeu vidéo compétitif, est particulièrement développé en Corée du Sud. Ici, la team SKT, sponsorisée par l'une des plus grosses entreprises de téléphonie mobile du pays. REUTERS/Tyrone Siu

La Corée du Sud exprime son opposition à la récente décision de l’Organisation mondiale de la santé de classer l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie mentale, au même titre que la dépendance aux drogues ou aux jeux d’argents.

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Avec notre correspondant à Séoul,

Le ministère de la Culture a annoncé sa volonté de déposer un recours auprès de l’organisation onusienne. « Il n’y a pas de preuve scientifique convaincante » que l’addiction aux jeux vidéo est une maladie mentale, assure un de ses représentants.

Séoul entend en réalité protéger sa très lucrative industrie vidéoludique, qui avec 10 milliards de demi de revenus en 2018 est la quatrième plus importante au monde.

88 organisations coréennes du secteur ont déclaré que la décision de l’OMS associe un sentiment de honte au jeu vidéo et qu’elle allait « priver les enfants du droit de jouer », un droit garanti par la Convention de l’ONU sur les Droits de l’enfant !

« Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher que la Corée ne reconnaisse » que l’addiction au jeu est une maladie, menacent ces organisations. Selon une étude de l’Université nationale de Séoul – étude qui demande à être vérifiée – la classification de l’OMS pourrait provoquer une contraction du secteur de 23 %.

Un pays frappé de plein fouet par la dépendance aux écrans

Environ 16% des Coréens de 12 à 17 ans montreraient des symptômes d’addiction aux smartphones, à Internet et aux jeux en ligne, selon une étude gouvernementale publiée en mai. Ce problème de dépendance inquiète tellement les autorités que celles-ci ont mis sur pied des cliniques de désintoxication à travers le pays, pour aider les plus jeunes.

Et depuis 2011 la loi coréenne oblige les éditeurs à couper l’accès à Internet aux joueurs de moins de 16 ans, entre minuit et 6 heures du matin. Une loi baptisée « Cendrillon » qui avait déjà provoqué à l’époque la fureur des entreprises du secteur.

Fortes dissensions au sein du gouvernement coréen

Si d’un côté le ministère de la Culture veut protéger bec et ongles son industrie vidéoludique, de l’autre côté, le ministère de la Santé se montre beaucoup plus inquiet pour la santé mentale des jeunes Coréens !

Il a déjà annoncé la création d’un comité d’experts, de parents et de médecins, qui sera chargé de mettre en œuvre concrètement ces nouvelles recommandations de l’OMS. L’organisation onusienne demandera en effet en 2022 à ses pays membres de reconnaître l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie mentale, et d’agir en conséquence.

Le bras de fer avec une industrie qui assure représenter 50 % des exportations culturelles coréennes à l’étranger ne fait que commencer.

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