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Afghanistan / talibans

Ahmad Massoud dans les pas de son père en Afghanistan?

Ce montage photo réalisé le 27 août 2019 montre le leader de l’opposition afghane de l’époque, Ahmad Shah Massoud (à droite) le 5 avril 2001 à Strasbourg, et son fils Ahmad Massoud le 25 août 2019 à Kaboul.
Ce montage photo réalisé le 27 août 2019 montre le leader de l’opposition afghane de l’époque, Ahmad Shah Massoud (à droite) le 5 avril 2001 à Strasbourg, et son fils Ahmad Massoud le 25 août 2019 à Kaboul. Franck FIFE, Wakil KOHSAR / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Son père, le commandant Massoud, était un héros national en Afghanistan. Surnommé le « Lion du Panshir », c’était une figure de la résistance afghane contre les Soviétiques dans les années 1980 puis contre les talibans à la fin des années 1990. Aujourd’hui, son fils Ahmad Massoud veut reprendre le flambeau. À 30 ans, il lance son mouvement politique avec deux objectifs : chasser les talibans et redonner le pouvoir au peuple.

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Même regard, même barbe naissante, même chapeau traditionnel, Ahmad Massoud se glisse dans les pas de son père. « Je veux suivre son chemin, dit-il, construire une grande coalition anti-talibans pour éviter un retour aux heures sombres de notre pays ». Son ambition est d’abord politique : s’opposer à l’insurrection talibane en réunissant les partisans d’un Afghanistan libre et d’une République islamique tolérante. Autrement dit, « reprendre là où mon père s’est arrêté ». Et si ça ne fonctionne pas dans les urnes, « non seulement moi, mais des centaines des milliers de jeunes gens sont prêts à prendre les armes contre les insurgés ».

Ahmad Massoud n’avait que 12 ans quand le commandant est mort, assassiné par al-Qaïda. Avant de revendiquer l’héritage, il a beaucoup voyagé. Études secondaires en Iran, diplôme de l’académie militaire de Sandhurst en Angleterre, master de relations internationales à Londres, le petit garçon a grandi loin de chez lui et n’est revenu qu’en 2016 en Afghanistan. Soutient-il pour autant les États-Unis dans leurs négociations avec les talibans ? Non, il regrette d’abord que le gouvernement afghan soit tenu à l’écart du processus de paix. Mais surtout, que les pourparlers donnent aux extrémistes religieux un sentiment d’impunité. « On leur a cédé trop vite et trop de choses, pour eux c’est une victoire symbolique ».

La solution, selon Ahmad Massoud, consiste à décentraliser le pouvoir de l’État afghan afin que les communautés locales prennent leur destin en main. Car d’après lui, c’est la brutalité du système politique en Afghanistan qui provoque les conflits et qui laisse les Afghans en payer le prix. D’ailleurs, « sans les États-Unis, le gouvernement n’est pas en mesure de continuer la lutte contre les talibans ». Il assure que dans sa région d’origine des milices sont déjà en train de se réarmer en prévision du retrait américain. Et jure qu’en lançant son mouvement politique, il n’agit, comme son père, que pour les seuls intérêts de l’Afghanistan.

À lire aussi : Les dessous de l’accord entre les Etats-Unis et les talibans afghans

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