Hong Kong, Chine

Hong Kong: cinq ans après le mouvement des parapluies, la révolte continue

Le mouvement des parapluies est considéré comme un préambule au mouvement pro-démocratie que connaît actuellement Hong Kong (Photo d'illustration).
Le mouvement des parapluies est considéré comme un préambule au mouvement pro-démocratie que connaît actuellement Hong Kong (Photo d'illustration). Photo: RFI/Heike Schmidt

Il y a cinq ans à Hong Kong, le 28 septembre marquait le début d’un mouvement de révolte pacifique sans précédent dans l’ancienne colonie britannique. Pendant 79 jours des dizaines de milliers d’étudiants ont bloqué plusieurs artères de la ville, dans trois quartiers distincts. Il s’agissait de s’opposer à une proposition de réformes politiques par Pékin, réformes que les Hongkongais ont rejetées en les jugeant inacceptables car pas « vraiment » démocratiques.

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De notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy

« Pour notre patrie, démocratie maintenant ! » Cinq ans après le coup d’envoi du mouvement des parapluies, les slogans ont à peine changé et Hong Kong vit l’acte II de sa révolte politique. Lamobilisation qui a vu le jour il y a trois mois est généralement perçue comme la suite du mouvement d'il y a cinq ans.

« Il y a cinq ans, nous avions dit que nous serions de retour et nous sommes à présent de retour, avec une détermination encore plus forte et avec maintenant le soutien de plusieurs millions de Hongkongais », déclare Joshua Wong.

« Marqueur important des mouvements de protestation »

« Le mouvement des parapluies est un marqueur important des mouvements de protestations à Hong Kong. Le plus important pour nous, c’est que les Hongkongais continuent leurs efforts pour la démocratie (…) Nous espérons que nous, les Hongkongais, puissions décider nous-mêmes, sur notre territoire, notre façon de vivre, décider nous-même de notre avenir », estime aussi l'ancien leader étudiant.

Le jeune leader, l’une des figures les plus reconnues du mouvement étudiant de 2014 a choisi la journée symbolique du cinquième anniversaire du mouvement des parapluies pour annoncer sa candidature aux élections de district en novembre, après une tournée de lobbying pour Hong Kong en Allemagne et aux États-Unis.

« Que ce soient les jeunes protestataires envoyés en prison ou nos députés privés de droit, tout cela démontre ici que sous ce système politique, nous faisons face à une incessante répression. La question à poser n’est pas si je suis candidat ou non, mais si Pékin ne va pas tout faire pour nous empêcher de participer aux élections. Pour nous, il est aussi important d’aller gagner des soutiens populaires dans les quartiers que de descendre dans les rues ou d’aller solliciter du soutien sur le plan international », estime Joshua Wong.

« Continuer les efforts pour la démocratie »

Mais le député de l’opposition Chu Hoi Dick, rappelle que la route est encore longue. « Les Sud-Coréens se sont battus pendant 30 ans pour obtenir la démocratie, un combat aussi long pour que Taïwan obtienne la démocratie. Mais on a montré que rien ne peut nous arrêter dans ce combat », estime-t-il.

Illustration du combat qui continue : la journée de fête nationale chinoise du 1er octobre a déjà été rebaptisée par les Hongkongais, « journée de tragédie nationale ».

Et Joshua Wong d'affirmer : « Le système démocratique que les Hongkongais réclament aujourd’hui est promis dans la déclaration conjointe entre la Chine et l’Angleterre en 1984. Cette promesse doit être tenue. Aujourd’hui, les Hongkongais ne peuvent pas choisir eux-mêmes leur chef exécutif, notre gouvernement n’écoute que Pékin. Le “un pays, deux systèmes” est devenu aujourd’hui “un pays et un demi-système”, sous la répression de Pékin. »

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