Hong Kong / Chine

Hong Kong: les lycéens dans la rue sur fond de violences policières

Arrestation d'un manifestant pro-démocratie durant une manifestation à Hong Kong, le 29 septembre 2019.
Arrestation d'un manifestant pro-démocratie durant une manifestation à Hong Kong, le 29 septembre 2019. REUTERS/Jorge Silva

Alors que la Chine s’apprête, le 1er octobre, à célébrer les 70 ans de la Chine communiste, il y a encore eu des rassemblements parfois violents ce week-end à Hong Kong. Ce lundi 30 septembre, ce sont les lycéens qui manifestent.

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Avec notre envoyé spécial à Hong Kong, Vincent Souriau

Ce rassemblement s'apparente à un dernier galop d'essai puisque mardi une grande manifestation anti-Chine est attendue dans le territoire. Une « grève contre la tyrannie », c’est le mot d’ordre des lycéens qui se sont réunis autour d’une scène improvisée dans le centre de Hong Kong. Ils sont en uniforme. Ils ont quitté leur classe ce matin pour rejoindre le mouvement et ils ont un discours très structuré.

Suki, 18 ans : « Il y a deux choses : d’abord, la liberté et la démocratie, on est nés avec et on nous les enlève. Il faut qu’on se batte, il faut qu’on résiste pour notre propre avenir. »

« Liberté et démocratie »

Est-ce que c’est bien la place des lycéens ? Sécher les cours et marcher dans la rue au milieu des gaz lacrymogènes ? Si vous vous posez la question, c’est que vous êtes déjà trop vieux, répond Keith, 18 ans lui aussi. « Aujourd’hui liberté et démocratie, ce sont des valeurs cardinales dans le monde entier. Je crois que si la vieille génération ne veut pas se lever pour les défendre, pour conserver la règle du “un pays, deux systèmes”, on n’a pas le choix. Il ne reste plus que la jeunesse pour sauver l’avenir de notre territoire. »

Ils ajoutent également que Hong Kong était un territoire démocratique avant 1997, avant la rétrocession à la Chine, et que s’ils protestent, c’est pour récupérer leurs droits, tout simplement des droits que, selon eux, Pékin piétine depuis des années.

Des manifestants tabassés

Les autorités hongkongaises ont rejeté les accusations de brutalités policières pour dénoncer -en retour- l'extrême violence des manifestants.
Les autorités hongkongaises ont rejeté les accusations de brutalités policières pour dénoncer -en retour- l'extrême violence des manifestants. Reuters

Puis il y a les violences policières, un thème qui revient très souvent. « Les violences, l’arbitraire qui n’a aucun sens. Ils abusent de leur pouvoir, ça touche tout le monde, ceux qui manifestent, mais on a aussi des victimes civiles, des gens qui n’ont rien à voir avec le mouvement. Ça, je ne supporte pas », poursuit Suki.

Les images de manifestants blessés, tabassés par les forces de sécurité ont vraiment créé un choc, y compris dans des foyers plutôt modérés, et en particulier au sein de la jeunesse.

Ces lycéens le clament  : ils ne veulent pas vivre dans un pays où la police se croit toute puissante. Ils réclament, comme la plupart des gens que l’on croise ici, une véritable enquête indépendante et des sanctions contre les policiers fautifs.

Malgré les risques, la plupart veulent aller manifester demain, le 1er octobre, pour dénoncer la mainmise de la Chine sur le territoire hongkongais.

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