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Inde

Inde: la centrale nucléaire de Kudankulam victime d’une attaque informatique?

Une centrale nucléaire dans l'Uttar Pradesh en Inde (photo d'illustration).
Une centrale nucléaire dans l'Uttar Pradesh en Inde (photo d'illustration). XAVIER GALIANA / AFP
4 mn

Située à l’extrême pointe sud, dans l’État du Tamil Nadu, la centrale de Kudankulam est la plus importante des centrales nucléaires du sous-continent. Plus d’un million d'habitants vivent dans un rayon de 30 kilomètres autour du site.

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Les autorités indiennes de sûreté nucléaire ont reconnu mercredi soir qu'un virus informatique avait été détecté à la centrale de Kudankulam, dans l'État de Tamil Nadu.

L’émotion est d’autant plus vive que cela faisait plusieurs jours que la rumeur d’une attaque informatique sur la centrale tournait sur les réseaux.

Tout a commencé le 28 octobre par un tweet de Pukhraj Singh, ancien membre des services de renseignement indiens. Dans ce message, l’expert en cyber-intelligence affirmait qu’un virus avait infecté les serveurs informatiques de la centrale et que les autorités indiennes en étaient informées depuis plusieurs jours.

Retweeté 735 fois en quelques heures, ce tweet a poussé les responsables de la centrale à réagir en affirmant dans un premier temps qu’un tel piratage était absolument impossible. Le communiqué a été repris par The Hindu.

Une attaque qui a fait le tour des réseaux 

Le 29 octobre a été une journée confuse. Beaucoup de médias ont relayé les dénégations des autorités. D’autres comme The Quint ont mis en doute la version officielle. Et la fièvre s’est bien sûr emparée des réseaux avec le hashtag #Kudankulam, l’expert Pukhraj Singh continuant à étayer ses accusations.

L’opposition est aussi montée au créneau sur internet pour réclamer des explications au gouvernement. « Si une puissance hostile est en mesure de mener une cyberattaque sur nos installations nucléaires, les implications pour la sécurité nationale de l'Inde sont inimaginables » a tweeté Shashi Tharoor, membre du Congrès et président de la commission parlementaire sur les technologies de l'information. Un tweet qui a été repris un millier de fois. 

Un virus sur les ordinateurs administratifs 

Les autorités ont ensuite changé leur version, sûrement sous la pression des internautes et des médias.

Mais elles ne parlent pas d’une « attaque informatique » à proprement parler. Dans un communiqué publié mercredi 30 octobre, elles reconnaissent qu’un virus a bien été détecté sur l’un des ordinateurs administratifs de la centrale en septembre dernier. Mais elles affirment que celui-ci n’était pas en mesure d’infecter le reste de l’installation, qui fonctionne complètement indépendamment d’internet.

Cascades de rumeurs

La thèse officielle est celle d’un virus provenant d’un groupe de hackers nord-coréens appelé Lazarus. Mais les rumeurs vont évidemment bon train sur internet.

Si les réacteurs de la centrale semblent être bien restés hors d’atteinte du programme, des informations confidentielles sur le personnel ou la technologie pourraient avoir été dérobées.

La thèse circule aussi que ces hackers nord-coréens ne seraient qu’un écran qui cacherait des hackers chinois. Les tensions entre New Delhi et Pékin sont en effet importantes autour de la frontière de l’Arunachal Pradesh, dans l’Himalaya.

Et puis, comme souvent en Inde, certains internautes voient la main de l’éternel ennemi pakistanais derrière cette attaque.

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