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Cambodge

Cambodge: première journée sous tension du procès de l'opposant Kem Sokha

L'opposant cambodgien Kem Sokha lors de son retour à son procès le 15 janvier 2020 à la mi-journée à Phnom Penh.
L'opposant cambodgien Kem Sokha lors de son retour à son procès le 15 janvier 2020 à la mi-journée à Phnom Penh. REUTERS/Stringer
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Les audiences de la première journée du procès de Kem Sokha ont lieu ce mercredi. Opposant numéro un au régime du Premier ministre Hun Sen, il est accusé de trahison et d’avoir voulu renverser le gouvernement avec le soutien des États-Unis.

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Avec notre correspondante à Phnom Penh, Juliette Buchez

Kem Sokha a quitté la cour municipale en voiture à l'issue d'une première journée d'audience. Le procès pourrait durer jusqu’à 3 mois au rythme de 2 audiences par semaine. Plusieurs dizaines de personnes sont venues encourager l’opposant politique malgré la présence de nombreuses forces de sécurité qui peuvent avoir un caractère intimidant selon les ONG. « Je viens pour soutenir Kem Sokha, il faut qu’il ait des soutiens. Je suis convaincue qu’il n’a rien fait de mal selon moi, mais je pense qu’il peut quand même être condamné. », nous explique Vannah, une marchande de légumes d'une soixante d'années présente près du tribunal.

Le dispositif de sécurité est conséquent mais plus discret qu’attendu.

À lire aussi : Le procès du Cambodgien Kem Sokha, une bataille politique qui continue

Observateurs tenus à distance

L’audience était censée être publique, mais la cour municipale de Phnom Penh avait décidé vendredi dernier de ne réserver que 30 places pour les observateurs dont une bonne partie pour les ambassades. La majorité des demandes venues des médias et des ONG issues de la société civile cambodgienne ont elles été rejetées. Le ministère cambodgien de la Justice a justifié la mesure par un manque de place et de moyen.

Deux journalistes de Reuters et Voice of America avaient pu accéder à la salle d'audience ce matin. À la reprise de l'audience à 14h30, on leur a signifié qu'il n'y avait plus de place pour eux. La suite de l'audience s'est donc tenue en l'absence de tout média indépendant.

Le dispositif tardif est critiqué par plusieurs organisations de défense des droits de l'homme qui réclament plus de transparence dans les procédures. Celles-ci sont malgré tout venues observer la situation devant le tribunal ce matin. Les organisations prévoient de demander davantage de transparence et un accès à la cour pour les médias et observateurs indépendants.

Les liens de Kem Sokha avec les États-Unis

Quant à ce qui s’est dit à la Cour, d’après les quelques médias et quelques sources qui y étaient présents à l'audience, les débats ont principalement porté sur une vidéo datant de 2013 dans la matinée.

Dans un extrait d’environ trois minutes, Kem Sokha parle de sa stratégie politique pour changer de gouvernement dans un pays démocratique. Il évoque également le soutien qu’il a reçu de la part des États-Unis dans l’élaboration de sa carrière politique.

Cette vidéo est l’une des principales preuves représentées par l’accusation dans l’affaire. Les charges qui pèsent contre lui pour trahison ne datent pourtant que de 2017, alors que la vidéo est connue depuis longtemps. La défense demande à ce qu’elle soit diffusée dans son intégralité.

Dans l'après-midi, les débats étaient plus centré sur la création par Kem Sokha du Centre cambodgien pour les droits de l'Homme, ainsi que sur les visites de l'opposant politique aux États-Unis.

Un procès qui écarte un adversaire du gouvernement

L'affaire est d'importance au Cambodge où le PSNC (Parti du Sauvetage National du Cambodge), parti présidé par Kem Sokha, était perçu comme un concurrent sérieux pour les élections de 2018.

En l'absence du principal parti d'opposition dissous dans la foulée de l'arrestation de Kem Sokha, le parti du Premier ministre Hun Sen​ a remporté la totalité des sièges au Parlement. Le cas de Kem Sokha et la détérioration des droits politiques au Cambodge ont par ailleurs en partie justifié le début d'une procédure par la Commission européenne.

Celle-ci pourrait aboutir à la suspension de la préférence douanière « Tout sauf les armes » dont bénéficient les marchandises cambodgiennes sur le marché européen. Une exemption de taxe douanière d'importance majeure pour l'économie du pays.

►À lire aussi : Droits de l’homme : le Cambodge sous pression

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